vendredi 2 mars 2012

Maniérisme, érotisme et symbolisme entre Rabelais et Fabrizio Riccardi



Fabrizio RICCARDI est né à Rome le 18 mars 1942.

L’artiste cède a deux tentations : l’imitation outrée des grandes formules ltylistiques dès lors vidées de leur contenu, l’exacerbation du « moi », de la singularité du créateur à travers son expression spécifique : « la maniera ».

En ce sens le maniérisme recouvre toute tendance à la transformation arbitraire et à la déformation du réel, au service de « l‘expressivité » et de la recherche du « grand style ».

Du point de vue littéraire, j'ai remarqué que de nombreux tableaux lui ont été inspirés par "Pantagruel", de François Rabelais.



Ses oeuvres sont d'une symbolique complexe, on peut y percevoir un goût pour l'érotisme esthétisant ainsi que la modification et la déformation des parties du corps.

Comme beaucoup d’artistes passionnés, Fabrizzio consacre l’essentiel de son temps à cette peinture fantastique qu’il aime et ce, en s’imposant une très grande discipline, tant d’un point de vue technique que artistique….

Aucune frontière ne fait obstacle, ni à son inspiration, ni à sa créativité. Sa grande passion pour les grands maîtres de la peinture italienne ainsi que les grands maîtres flamands à su créer en lui cette exigence du perfectionnisme.

Le site de l'artiste : http://fabrizioriccardi.it/

Peinture qui lui fut inspirée par "Les Songes Drolatiques de Pantagruel"


PANTAGRUEL
ROY DES DIPSODES,
Restitue à son naturel,
AVEC SES FAICTZ ET PROUESSES ESPOVENTABLES
Composez par feu M. Alcofribas, abstracteur de quinte essence.
Dizain de Maistre Hugues Salel à l'auteur de ce livre.
Si, pour mesler profit avec doulceur,
On mect en pris un aucteur grandement,
Prisé seras, de cela tien toy sceur ;
Je le congnois, car ton entendement
En ce livret, soubz plaisant fondement,
L'utilité a si très bien descripte,
Qu'il m'est advis que voy un Democrite
Riant les faictz de nostre vie humaine.
Or persevere, et, si n'en as merite
En ces bas lieux, l'auras au hault dommaine.


"c'est à savoir : à boire, manger et dormir ; à manger, dormir et boire; à dormir, boire et manger. Toujours se vautrait par les fanges, se mascarait le nez, se chauffourait le visage, éculait ses souliers, bâillait aux mouches et courait volontiers après les papillons,… patrouillait en tout lieu… Les petits chiens de son père mangeaient dans son écuelle." (Extrait de "Gargantua", par François Rabelais)

« Contemplez la forme d'un homme attentif à quelque étude, vous verrez en lui toutes les artères du cerveau tendues comme la corde d'une arbalète… de manière qu'en tel personnage studieux vous verrez suspendues toutes les facultés naturelles, cesser tous sens extérieurs, bref, vous le jugerez n'être en soi vivant, être hors soi abstrait par extase… Ainsi est dite vierge Pallas, déesse de sapience, tutrice des gens studieux. Ainsi sont les Muses vierges ; ainsi demeurent les Charites en pudicité éternelle. Et il me souvient avoir lu que Cupido quelquefois interrogé de sa mère Vénus pourquoi il n'assaillait les Muses, répondit qu'il les trouvait tant belles, tant nettes, tant honnêtes, tant pudiques et continuellement occupées, l'une à contemplation des astres, l'autre à supputation des nombres, l'autre à dimension des corps géométriques, l'autre à invention rhétorique, l'autre à composition poétique, l'autre à disposition de musique, qu'approchant d'elles, il détendait son arc, fermait sa trousse, éteignait son flambeau, par honte et crainte de leur nuire. Puis ôtait le bandeau de ses yeux pour plus ouvertement les voir en face et ouïr leurs plaisants chants et odes poétiques. Là prenait le plus grand plaisir du monde, tellement que souvent il se sentait tout ravi en leurs beautés et bonnes grâces et s'endormait à l'harmonie, tant s'en faut qu'il les voulût assaillir ou de leurs études distraire. » (Extrait de Pantagruel, par François Rabelais)


« Rabelais est-­il mort ? Voici encore un livre.
Non, sa meilleure part a repris ses esprits,
Pour nous faire présent de l'un de ses écrits
Qui le rend entre tous immortel et fait vivre. c'est­-à­-dire, autant que je puis comprendre :
Rabelais est mort, mais il a repris ses sens pour nous faire présent de ce livre. » (Editeur anonyme)












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