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dimanche 12 janvier 2014

La Petite Singerie par Lindsey Carr



Lindsey Carr est une artiste vivant et travaillant sur la côte sud-ouest de l'Ecosse.
En observant son travail on peut remarquer qu'elle est fortement influencée par les illustrations d'histoire naturelle européennes et chinoises. 
Dans cet article, je me suis spécialement penchée sur ses illustrations de singes que je trouve tout à fait étonnantes. 
Le site de l'artiste : http://www.littlerobot.org.uk/



Le Singe par Jean de la Fontaine

Il est un Singe dans Paris 
À qui l'on avait donné femme. 
Singe en effet d'aucuns maris, 
Il la battait : la pauvre Dame 
En a tant soupiré qu'enfin elle n'est plus. 
Leur fils se plaint d'étrange sorte, 
Il éclate en cris superflus : 
Le père en rit ; 
Sa femme est morte. 
Il a déjà d'autres amours 
Que l'on croit qu'il battra toujours. 
Il hante la taverne et souvent il s'enivre. 
N'attendez rien de bon du Peuple imitateur, 
Qu'il soit Singe ou qu'il fasse un Livre : 
La pire espèce, c'est l'Auteur










samedi 21 avril 2012

Icônes surréalistes par Scott Holloway


Scott Holloway utilise les matériaux et techniques employés par les artistes de la Renaissance pour réaliser ses oeuvres surréalistes.
Dogmes religieux et illumination scientifique touchant principalement la dissection sont fusionnés afin de parsemer ses oeuvres d'une touche de symbolisme.




"L'âne portant des reliques", par Jean de la Fontaine

 Un baudet chargé de reliques 
 S'imagina qu'on l'adorait : 
 Dans ce penser il se carrait, 
Recevant comme siens l'encens et les cantiques. 
 Quelqu'un vit l'erreur, et lui dit : 
« Maître baudet, ôtez-vous de l'esprit 
 Une vanité si folle. 
 Ce n'est pas vous, c'est l'idole, 
 A qui cet honneur se rend, 
 Et que la gloire en est due. »

 D'un magistrat ignorant 
 C'est la robe qu'on salue.










Sacred Skull

vendredi 8 juillet 2011

Contes Grivois ou Eloge de la Volupté par Jean de la Fontaine le libertin


Soeur Jeanne

Soeur Jeanne ayant fait un poupon,
Jeûnait, vivait en sainte fille;
Etait toujours en oraison;
Et toujours ses soeurs à la grille.
Un jour donc l'abesse leur dit :
Vivez comme soeur Jeanne vit,
Fuyez le monde et sa séquelle.
Toutes reprirent à l'instant :
Nous serons aussi sage qu'elle,
Quand nous en auront fait autant.


Éloge de la Volupté par Jean de la Fontaine

Ô douce Volupté, sans qui, dès notre enfance,
Le vivre et le mourir nous deviendraient égaux ;
Aimant universel de tous les animaux,
Que tu sais attirer avecque violence !
Par toi tout se meut ici-bas.
C'est pour toi, c'est pour tes appâts,
Que nous courons après la peine :
Il n'est soldat, ni capitaine,
Ni ministre d'État, ni prince, ni sujet,
Qui ne t'ait pour unique objet.
Nous autres nourrissons, si pour fruit de nos veilles
Un bruit délicieux ne charmait nos oreilles,
Si nous ne nous sentions chatouillés de ce son,
Ferions-nous un mot de chanson ?
Ce qu'on appelle gloire en termes magnifiques,
Ce qui servait de prix dans les jeux olympiques,
N'est que toi proprement, divine Volupté.
Et le plaisir des sens n'est-il de rien compté ?
Pour quoi sont faits les dons de Flore,
Le Soleil couchant et l'Aurore,
Pomone et ses mets délicats,
Bacchus, l'âme des bons repas,
Les forêts, les eaux, les prairies,
Mères des douces rêveries ?
Pour quoi tant de beaux arts, qui tous sont tes enfants ?
Mais pour quoi les Chloris aux appâts triomphants,
Que pour maintenir ton commerce ?
J'entends innocemment : sur son propre désir
Quelque rigueur que l'on exerce,
Encore y prend-on du plaisir.
Volupté, Volupté, qui fus jadis maîtresse
Du plus bel esprit de la Grèce,
Ne me dédaigne pas, viens-t'en loger chez moi ;
Tu n'y seras pas sans emploi.
J'aime le jeu, l'amour, les livres, la musique,
La ville et la campagne, enfin tout ; il n'est rien
Qui ne me soit souverain bien,
Jusqu'au sombre plaisir d'un coeur mélancolique.
Viens donc ; et de ce bien, ô douce Volupté,
Veux-tu savoir au vrai la mesure certaine ?
Il m'en faut tout au moins un siècle bien compté ;
Car trente ans, ce n'est pas la peine.




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"Marionnettes à la peau d'albâtre, comédiens-manipulateurs vêtus de noir, harmonium.....On est là dans une sobriété toute classique. La scène ressemble à un précieux écrin. Quel est le bjou ? Le rut. C'est la grossièreté dans le raffinement. C'est La Fontaine lui-même : le gros coquin et le grand classique"(Capucine Vignaux)