vendredi 6 février 2009

Arthur Rimbaud


Etoile filante de la poésie française, le nom d'Arthur Rimbaud continue de briller parmi les plus grandes lumières de la littérature. Elève précoce, il est remarqué par un professeur aux idées révolutionnaires, Georges Izambar, pour ses dons en latin et en rhétorique, mais aussi pour sa révolte et sa soif d'évasion. Ce dernier va initier le jeune homme à la poésie moderne et lui ouvrir les portes de sa bibliothèque. C'est le début de l'envol de Rimbaud qui, très vite, va choisir de se rendre à Paris. Vie d'errance et de débauche, c'est dans la capitale qu'il fait la rencontre de Verlaine, déjà fervent admirateur du jeune prodige. Naît alors une relation passionnée et tumultueuse qui deviendra légendaire, notamment à cause du fameux épisode de Bruxelles où Verlaine, brisé par la possibilité d'une rupture, blesse son amant par balle. C'est à cette époque que le jeune poète va écrire ses deux recueils majeurs, 'Les Illuminations' et 'Une saison en enfer'. Mise en vers du 'dérèglement des sens' prôné par le poète, l'oeuvre de Rimbaud s'attache à explorer les méandres de l'âme, de la perception, et de l'imaginaire, et contribue ainsi à bouleverser de manière profonde la poésie symboliste. En 1975, Arthur Rimbaud cesse d'écrire, part pour Londres, s'engage dans l'armée des Indes néerlandaises puis devient trafiquant d'armes, laissant derrière lui une oeuvre fulgurante et atemporelle.


Le Mal

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu'une folie épouvantable, broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
- Pauvres morts dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature, ô toi qui fis ces hommes saintement !... -

- Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or,
Qui dans le bercement des hosanna s'endort,

Et se réveille quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

lundi 19 janvier 2009

Edgar Allan Poe



Il y a 200 ans aujourd'hui (19/01/1809), naissait à Boston l'immortel Edgar Allan Poe.


Cet homme né dans le Sud partage avec Melville une sombre vision métaphysique, mêlée d’éléments de réalisme, de parodie et de burlesque. Il donna à la nouvelle ses lettres de noblesse et fut l’inventeur du roman policier. Nombre de ses récits préfigurent les genres de la science-fiction et du fantastique.

La vie brève et tragique de Poe fut rongée par l’insécurité. Comme tant d’autres grands écrivains américains du XIXe siècle, il perdit ses parents alors qu’il était encore très jeune. Son étrange mariage en 1835, avec sa cousine Virginia Clemm, qui n’avait pas encore quatorze ans, a été interprété comme une tentative pour trouver la stabilité d’une vie de famille qui lui faisait défaut.

Poe était persuadé que l’étrangeté était un ingrédient essentiel de la beauté, et son écriture est souvent insolite. Ses nouvelles et ses poèmes sont peuplés d’aristocrates introvertis, marqués par le destin (comme tant de gens du Sud, Poe chérissait l’idéal aristocratique). En apparence, ces lugubres personnages ne travaillent jamais et n’ont aucune vie sociale. Au lieu de cela, ils s’enterrent dans de sombres châteaux qui tombent en ruines, dont le décor se compose symboliquement de tapis et de draperies bizarres qui occultent le monde réel du soleil, des fenêtres, des murs et des planchers. Des salles secrètes révèlent des bibliothèques anciennes, d’étranges œuvres d’art, un mélange d’objets venus d’Orient. Ces aristocrates s’adonnent à la musique ou lisent des textes anciens tout en méditant sur des épisodes tragiques, souvent la mort d’êtres chers. Les thèmes de la mort-dans-la vie, en particulier les histoires de personnes enterrées vivantes ou surgissant tels des vampires de leur tombe, apparaissent dans plusieurs de ses œuvres, notamment dans «Ligeia», «La Barrique d’Amontillado» et «La Chute de la maison Usher». Le royaume crépusculaire de Poe situé entre la vie et la mort, ses décors gothiques d’un goût douteux ne sont pas simplement décoratifs. Ils sont le reflet des âmes troublées de ses personnages hypercivilisés et pourtant porteurs de mort. Ce sont les expressions symboliques de l’inconscient et c’est pourquoi ils sont essentiels à son art.

Les poèmes d’Edgar Poe, comme ceux de bien des écrivains du Sud, sont d’une grande musicalité et obéissent à une métrique stricte. Le plus célèbre, aujourd’hui comme hier, demeure «Le Corbeau» (1845). Dans cette atmosphère irréelle, le narrateur hanté, insomniaque, que minuit surprend à lire et à pleurer la mort de sa «Lenore perdue», reçoit la visite d’un corbeau (cet oiseau se nourrit de cadavres, il est donc symbole de mort) qui se perche en haut de sa porte et répète sans fin le célèbre refrain «jamais plus». Le poème s’achève sur une scène glacée de mort-dans-la-vie :

Et le Corbeau sans plus bouger reste perché,
reste perché
Sur le pâle buste de Pallas placé juste au
dessus de la porte de ma chambre;
Et son œil en tous points ressemble à celui
d’un démon qui rêve,
La lumière de la lampe sur lui ruisselle et sur
le sol projette son ombre
En flottant sur le sol. Mon âme de cette ombre
Ne s’élèvera – jamais plus!

On a dit des nouvelles d’Edgar Poe, comme celles que nous avons citées plus haut, que c’étaient des contes d’horreur. Mais «Le Scarabée d’or» et «La Lettre volée» sont plutôt fondées sur la ratiocination. Les contes d’horreur préfigurent la veine fantastique d’auteurs américains comme H. P. Lovecraft ou Stephen King, tandis que les contes de ratiocination annoncent les romans policier de Dashiell Hammett, Raymond Chandler, Ross Macdonald et John D. MacDonald. On y décèle aussi des traces de ce que l’on appellera plus tard, la science-fiction. Toutes ces nouvelles dévoilent la fascination de Poe pour l’esprit et l’effet déstabilisateur de la connaissance scientifique qui était en train de modifier de fond en comble les idées du XIXe siècle.

Dans tous les genres qu’il a pratiqués, Poe explore la psyché. De profondes intuitions psychologiques traversent tels des éclairs ses récits. Pour mieux comprendre les aspects étranges des processus psychologiques, Poe se plongeait dans des comptes rendus de folie ou d’émotion extrême. Un style douloureusement volontaire et des explications détaillées rehaussent encore le sentiment de l’horrible, car il rend les événements réels et plausibles.

Le mélange de décadence et de primitivisme romantique attira beaucoup les Européens, notamment les poètes français comme Stéphane Mallarmé, Charles Baudelaire, Paul Valéry et Arthur Rimbaud. Mais Poe est bien américain en dépit du dégoût aristocratique qu’il manifeste à l’égard de la démocratie et de sa préférence pour les thèmes de déshumanisation ou pour l’exotisme. Il illustre au contraire presque parfaitement la prédiction de Tocqueville selon laquelle la démocratie américaine produirait des œuvres qui dévoileraient les profondeurs les plus cachées de la psyché. Il semble que l’angoisse profonde et l’insécurité psychique se soient manifestées plus tôt en Amérique qu’en Europe, où il existait au moins une structure sociale complexe et solide assurant la sécurité de l’esprit. En Amérique, il n’existait pas de sécurité de compensation; c’était chacun pour soi. Poe a fort exactement décrit l’envers du rêve américain du self-made-man et montré à quel prix il fallait payer le matérialisme et la concurrence excessive – solitude, aliénation et images de la mort-dans-la-vie.



Le Corbeau, traduction de Charles Baudelaire.


Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, – murmurai-je, – qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela et rien de plus. »

Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, – et qu’ici on ne nommera jamais plus.

Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu’à ce jour ; si bien qu’enfin pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant : « C’est quelque visiteur attardé sollicitant l’entrée à la porte de ma chambre ; – c’est cela même, et rien de plus. »

Mon âme en ce moment se sentit plus forte. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Monsieur, dis-je, ou madame, en vérité, j’implore votre pardon ; mais le fait est que je sommeillais et vous êtes venu frapper si doucement, si faiblement vous êtes venu frapper à la porte de ma chambre, qu’à peine étais-je certain de vous avoir entendu. » Et alors j’ouvris la porte toute grande ; – les ténèbres, et rien de plus.

Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver ; mais le silence ne fut pas troublé, et l’immobilité ne donna aucun signe, et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : « Lénore ! » – C’était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : « Lénore ! » Purement cela, et rien de plus.

Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée, j’entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier. « Sûrement, – dis-je, – sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ; voyons donc ce que c’est, et explorons ce mystère. Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ; – c’est le vent, et rien de plus. »

Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d’ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta pas, il n’hésita pas une minute ; mais avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ; il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ; – il se percha, s’installa, et rien de plus.

Alors, cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire : « Bien que ta tête, – lui dis-je, – soit sans huppe et sans cimier, tu n’es certes pas un poltron, lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit. Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la nuit plutonienne ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Je fus émerveillé que ce disgracieux volatile entendît si facilement la parole, bien que sa réponse n’eût pas un bien grand sens et ne me fût pas d’un grand secours ; car nous devons convenir que jamais il ne fut donné à un homme vivant de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre, un oiseau ou une bête sur un buste sculpté au-dessus de la porte de sa chambre, se nommant d’un nom tel que – Jamais plus !

Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, – jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »

Tressaillant au bruit de cette réponse jetée avec tant d’à-propos : Sans doute, – dis-je, – ce qu’il prononce est tout son bagage de savoir, qu’il a pris chez quelque maître infortuné que le Malheur impitoyable a poursuivi ardemment, sans répit, jusqu’à ce que ses chansons n’eussent plus qu’un seul refrain, jusqu’à ce que le De profundis de son Espérance eût pris ce mélancolique refrain : « Jamais – jamais plus ! »

Mais le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; alors, m’enfonçant dans le velours, je m’appliquai à enchaîner les idées aux idées, cherchant ce que cet augural oiseau des anciens jours, ce que ce triste, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau des anciens jours voulait faire entendre en croassant son – Jamais plus !

Je me tenais ainsi, rêvant, conjecturant, mais n’adressant plus une syllabe à l’oiseau, dont les yeux ardents me brûlaient maintenant jusqu’au fond du cœur : je cherchai à deviner cela, et plus encore, ma tête reposant à l’aise sur le velours du coussin que caressait la lumière de la lampe, ce velours violet caressé par la lumière de la lampe que sa tête, à Elle, ne pressera plus, – ah ! jamais plus !

Alors, il me sembla que l’air s’épaississait, parfumé par un encensoir invisible que balançaient les séraphins dont les pas frôlaient le tapis de ma chambre. « Infortuné ! – m’écriai-je, – ton Dieu t’a donné par ses anges, il t’a envoyé du répit, du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès, et oublie cette Lénore perdue ! » Le corbeau dit : «Jamais plus ! »

« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! mais toujours prophète ! que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t’ait simplement échoué, naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte, ensorcelée, dans ce logis par l’Horreur hanté, – dis-moi sincèrement, je t’en supplie, existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t’en supplie ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Prophète ! – dis-je, – être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! – hurlai-je en me redressant. – Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le corbeau, immuable, est toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, – jamais plus !

lundi 12 janvier 2009

JEAN RICHEPIN





Jean Richepin est un poète et un auteur dramatique français, excentrique, il est proche de Maurice Rollinat et Raoul Ponchon.
Il fonde avec l'aide de ce dernier et de Maurice Bouchor, le groupe des Vivants,"pour lutter contre les conventions formelles et thématiques et rapprocher ainsi l'art de la vie".

Fortement inspiré par les œuvres de Petrus Borel, Baudelaire et Jules Vallès, qu'il considérait comme le réfractaire par excellence, il se décide à rejeter le joug des conventions sociales et culturelles, à célébrer l'instinct. Vantant, non sans humour, sa force physique, sa virilité, sa prétendue hérédité bohémienne, il se crée une biographie imaginaire et riche en couleurs

En 1876, le grand public découvre soudain Richepin avec La Chanson des gueux, qui vaut immédiatement à son auteur un procès pour outrage aux bonnes mœurs. Il fit scandale à sa sortie car Jean Richepin, tel un Villon moderne, y dépeignait un peuple semblant tout droit sorti de la Cour des Miracles. La Chanson des gueux coûta à Richepin 500 francs d’amende et un mois de prison à Sainte-Pélagie, mais il était d'ores et déjà trop tard, il était célèbre.

L'apparition du naturalisme lui fait découvrir, après sa libération, de nouveaux horizons, mais si, dans ses Caresses, il emploie un langage cru, argotique, populaire, l'étalage de sensualité affectée, souvent grotesque ou vulgaire, laisse trop facilement transparaître son désir de scandaliser la bourgeoisie, ce qui vaut au recueil d'être considéré comme manquant de sincérité poétique. Le matérialisme grandiloquent et le nihilisme fanfaron des Blasphèmes lui valent le surnom de « Lucrèce de foire ».

Jean Richepin
Les Caresses - Thermidor
Abdication

Vous êtes le Seigneur, vous êtes la Madone.
Rien ne me semble mal si votre voix l’ordonne.

Les douze stations de ce corps sans défaut
Son mon chemin de croix jusques à l’échafaud.

Avec une de vos câlines attitudes
Vous obtiendrez de moi toutes les platitudes.

Je commettrai, s’il faut ces fleurs à vos autels,
Sept fois dans un moment les sept péchés mortels.

Si vous désirez voir le soleil de l’orgie,
Je le ferai flamber sur ma gorge rougie.

Si vous voulez d’un grand héros porter le deuil,
Je mourrai sceptre en main pour flatter votre orgueil.

Si vous ne demandez que baisers et caresses,
Je vous endormirai dans un lit de paresses.

Si votre chair s’allume au désir libertin,
Je saurai dépasser Pétrone et l’Arétin.

S’il vous faut des bijoux, de l’or, de la pécune,
Je volerai pour vous le soleil et la lune.

S’il vous plaît que par moi l’Art dieu soit abjuré,
Aux métiers les plus vils je le prostituerai.

Si le bonheur d’une autre excite votre envie,
J’aurai le mauvais œil pour lui gâter la vie.

Si mon cœur vous distrait et vous sert de joujou,
Vous pourrez le casser comme un objet d’un sou.

Si d’un coffre-fort plein vos yeux sont en gésine,
J’apprendrai sans dégoût l’usure et la lésine.

S’il vous faut un bouquet de crimes pour vos seins,
Je prendrai le couteau rouge des assassins.

Si mon meilleur mai vous fait dire : peut-être !
Pour le perdre à jamais je serai lâche et traître.

Si de mon sang versé vous voulez boire un coup,
Soyez la guillotine et coupez-moi le cou.



«Si j'étais immortel, j'inventerais la mort pour avoir du plaisir à vivre.» Jean Richepin

jeudi 8 janvier 2009

DRACULA AU CINEMA




Bela Lugosi, de son vrai nom Béla Ferenc Dezsõ Blasko, est né le 20 octobre 1882, à Lugoj, Transylvanie, Autriche-Hongrie (actuellement Roumanie).

Il devint un célèbre acteur de cinéma surtout connu pour ses rôles dans les films fantastiques et en particulier son interprétation du comte Dracula en 1931.





BAUHAUS - Bela Lugosi Dead
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Christopher Lee, de son nom complet Christopher Frank Carandini Lee, est un acteur britannique né le 27 mai 1922 dans le quartier de Belgravia à Londres. Il mesure 1m96.

C'est l'un des acteurs britanniques les plus prolifiques avec plus de 225 films à son actif. Il est également célèbre pour sa polyvalence artistique : acteur, producteur, orateur, musicien, chanteur, et même photographe.

En 1958, Lee a été révélé dans le monde du cinéma grâce à son interprétation légendaire du comte Dracula dans une série de films produits par les studios britanniques Hammer Film Productions. Depuis, son seul nom d'acteur représente la quintessence du mal.

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Dans la superbe adaptation de Francis Ford Coppola, le Prince des Ténèbres apparaît sous les traits de Gary Oldman.



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Quelques minutes de plus avec Dracula, un ballet cette fois.

mercredi 17 décembre 2008

Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim



Henri Corneille Agrippa de Nettesheim, dit Cornelius Agrippa ou encore Agrippa de Nettesheim, est considéré comme un savant occultiste ou ésotériste. Le jésuite Marc-Antoine Del Rio l'appelle Archimage.

"Le véritable nom de sa famille est Cornelis ; il y joignit Agrippa, tiré de l'ancien nom de Cologne (Colonia Agrippina), son lieu de naissance, et y ajouta ab Nettesheim, ce qui donne en latin, avec le nom de baptême, Henricus Cornelius Agrippa ab Nettesheim. En français il fut appelé tantôt Cornille Agrippa, tantôt Corneille Agrippa, ou C. Agrippe."[

Médecin et philosophe, contemporain d'Erasme, l'un des plus savants hommes de son temps, dont on l'a appelé le Trismégiste, mais doué d'ex­travagance ; né a Cologne en 1486, mort en 1535, après une carrière orageuse, chez le receveur général de Grenoble, et non à Lyon, ni dans un hôpital, comme quelques-uns l'ont écrit. Il avait été lie avec tous les grands personnages et recherché de tous les princes de son époque. Chargé souvent de négociations politiques, il fit de nombreux voyages que Thevet, dans ses vies des hommes illustres, attribue à la manie « de faire partout des tours de son métier de magicien ; ce qui le faisait reconnaître et chasser incontinent. »

Les démonologues, qui sont furieux contre lui, disent qu'on ne peut le représenter que comme un hibou, a cause de sa laideur ma­gique; et de crédules narrateurs ont écrit gravement que, dans ses voyages, il avait coutume de payer ses hôtes en monnaie, fort bonne en apparence, mais qui se changeait, au bout de quelques jours, en petits morceaux de corne, de coquille ou de cuir, et quelquefois en feuilles d'arbres.

II est vrai qu’à vingt ans il travaillait à la chrysopée ou alchimie ; mais il ne trouva jamais le secret du grand oeuvre. II est vrai aussi qu'il était curieux de choses étranges, et qu'il aimait les paradoxes : son livre de la Vanité des sciences, que l'on considère comme son chef-d'oeuvre, en est une preuve. Mais au chapitre XIII de ce livre, il déclame contre la magie et les arts supersti­tieux. Si donc il fut oblige plus d'une fois de prendre la fuite pour se soustraire aux mauvais traitements de la populace, qui l’accusait de sorcellerie, n'est-il pas permis de croire ou que son esprit caustique , et peut être ses moeurs mal réglées, lui faisaient des ennemis , ou que son caractère d'agent diplomatique le mettait souvent dans des situations périlleuses, ou que la médecine empirique, qu'il exerçait, l'exposait a des catastrophes ; a moins qu’il ne faille croire, en effet, que cet homme avait réellement étudie la magie dans ces universités mystérieuses dont nous ne savons pas encore les secrets?.

Quoi qu'il en soit, Louise de Savoie, mère de François 1er, le prit pour son médecin. Elle voulait qu’il fût aussi son astrologue, ce qu'il refusa. Et pourtant on, soutient qu'il prédisait au trop fameux connétable de Bourbon des succès contre la France.

Si cette allégation est vraie, C'était semer la trahison, et Agrippa était un fripon ou un fourbe.

Mais on établit encore l'éloignement d'Agrippa pour le charlatanisme des sorciers en rappelant ce fait, que, pendant le séjour qu'il fit a Metz, remplissant les fonctions de syndic ou avocat général (car cet homme fit tous les métiers), il s'éleva très vivement contre le réquisitoire de Nicolas Savin, qui voulait faire brûler comme sorcière une paysanne. La spirituelle et vive éloquence d'Agrippa fit absoudre cette fille. A cela les partisans de Ia sorcellerie d'Agrippa répon­dent qu'il n'est pas étonnant qu'un pareil compère ait défendu ceux qui pratiquaient la magie, puisqu'il la pratiquait.

Ils ajoutent que, tandis qu'il professait a l'université de Louvain, il infecta ses écoliers d'idées magiques. « Un de ses élèves, lisant auprès de lui un certain livre de conjura­tions, fut étranglé par le diable. Agrippa, craignant qu'on ne le soupçonnât d'être l'auteur on la cause de cette mort arrivée dans sa chambre, commanda a l'esprit malin d'entrer dans le corps qu'il venait d'étouffer, de ranimer le jeune homme et de lui faire faire avant de le quitter sept ou huit tours sur la place publique. Le diable obéit ; le corps du jeune étranglé, après avoir parade pendant quelques minutes, tomba sans vie devant la multitude de ses camarades, qui crurent que ce n'était la qu'une mort su­bite »

Ce ne fut pas pourtant a cause de semblables faits qu'il partit de cette ville savante. Ce fut parce qu'il s'y était fait des ennemis, a qui il donna un prétexte par la publication de son ouvrage de la Philosophie occulte. On accusa ce livre d'hérésie et de magie ; et, en attendant qu'il fût juge, l'auteur passa une année dans les prisons de Bruxelles. II en fut tire par l'archevêque de Cologne, qui avait accepte la dédicace du livre, dont il reconnut publiquement que l'auteur n'était pas sorcier.

Les pensées de ce livre et celles que Ie même savant exposa dans son com­mentaire In artem brevem Raymundi Lullii, ne sont que des rêveries. Ce qui surtout a fait passer Agrippa pour un grand magicien, c'est un fatras plein de cérémonies magiques et superstitieuses qu'on publia sous son nom, vingt-sept ans après sa mort, qu'on donna comme Ie quatrième livre de sa Philosophie occulte, et qui n'est qu'un ramassis de frag­ments décousus de Pierre d'Apone, de Picto­rius, et d'autres songes creux.

Cependant Delancre ne porte son accusation que sur les trois premiers livres. « Agrippa, dit-il, composa trois livres assez grands sur Ia magie démoniaque ; mais il confessa qu'il n'avait jamais eu aucun commerce avec le démon, et que Ia magie et la sorcellerie ( hors les maléfices) consis­taient seulement en quelques prestiges, au moyen desquels l'esprit malin trompe les ignorants. » — Thevet n'admet pas ces palliatifs « On ne peut nier, dit-il, qu'Agrippa n'ait été ensorcelé de la plus fine et exécrable magie, de laquelle, au vu et au su de chacun, il a fait profession manifeste. II était si subtil, qu'il grippait de ses mains crochues des trésors que beaucoup de vaillants capi­taines ne pouvaient gagner par le cliquetis de leurs armes et leurs combats furieux. Il composa le livre de la Philosophie occulte, censuré par les chrétiens, pour lequel il fut chassé de Flandre, ou il ne put dorénavant être souffert; de manière qu'il prit la route d'Ita­lie, qu'il empoisonna tellement que plusieurs gens de bien lui donnèrent encore la chasse, et il n'eut rien de plus hâtif que de se retirer a Dole. Enfin il se rendit a Lyon, dénué de facultés ; il y employa toutes sortes de moyens pour vivoter, remuant le mieux qu'il pouvait la queue du bâton ; mais il gagnait si peu, qu'il mourut en un chétif cabaret, abhorré de tout le monde, et détesté comme un magicien maudit , parce que toujours il menait en sa compagnie un diable sous la figure d'un chien noir. »

Paul Jove ajoute qu'aux approches de sa mort, comme on le pressait de se repentir, ôta a ce chien, qui était son démon familier, un collier garni de clous qui formaient des inscriptions nécromantiques, et lui dit : va t’en, malheureuse bête, c'est toi qui m’as perdu; qu'alors le chien prit aussitôt la fuite vers la rivière de Saône, s'y jeta la tête en avant et ne reparut plus.

Delancre rapporte autrement cette mort, qui n'eut pas lieu dans un cabaret de Lyon, mais, comme nous l’avons dit, à Grenoble. « Ce misérable Agrippa, dit-il, fut si aveugle du diable, auquel il s'était soumis, qu'encore connut très bien sa perfidie et ses arti­fices, il ne les put éviter, étant si bien enve­loppé dans les rets d'icelui diable, qu'il lui avait persuadé que, s'il voulait se laisser tuer, la mort n'aurait nul pouvoir sur et qu'il le ressusciterait et le rendrait immortel ; ce qui advint autrement, car Agrippa s'étant fait couper la tête, prévenu de cette fausse espérance, le diable se moqua de lui et ne voulut (aussi ne le pouvait-il) lui redonner la vie ,pour lui laisser le moyen de déplorer ses crimes. »

Wierus, qui fut disciple d'Agrippa, dit qu'en effet cet homme avait beaucoup d'af­fection pour les chiens, qu'on en voyait con­stamment deux dans son étude, dont l’un se nommait Monsieur et l'autre Mademoiselle, et qu'on prétendait que ces deux chiens noirs étaient deux diables déguisés. — Tout cela n'empêche pas qu'on ne soit persuadé dans quelques provinces arriérées, qu'Agrippa n'est pas plus mort que Nicolas Flamel, et qu'il se conserve dans un coin, ou par I'art magique, ou par l'élixir de longue vie.

Migne - Dictionnaire des sciences occultes.

dimanche 2 novembre 2008

LE NECRONOMICON



Son titre original est Al Azif. Azif est le nom que les Arabes donnaient au bruit émis par des insectes qu'on entend la nuit et qui est censé être le hurlement des démons. Necronomicon, tel est le nom grec donné en 950 ap. J. -C. Au Kitab Al-Azif, antique traité ésotérico-démoniaque sur le Mythe de Cthulhu, rédigé par la plume d´un poète arabe devenu fou, Abdul Alhzared, à Damas en 730 ap. J. -C.


Le Necronomicon ou Le Livre des Morts (Necronomicon Ex Mortis), est un grimoire, dont la base, est la mythologie ultime augmentée d'une dimension ésotérique qui fait référence à des Dieux plus vieux que le monde, le Cosmos, l' Univers lui même.

Les Dieux vinrent sur Terre et furent adorés par les premiers hommes. La plupart de ces Dieux laissèrent leurs trace sur Terre dans des lieux maudits et irréels ou encore la descendance de leur progéniture mi-humaine mi-aquatique, mais les dimensions et le temps ne sont plus des frontières a leurs "yeux", l'un d'entre-eux, se trouve d'ailleurs toujours sur terre. Il s'agit de Cthulhu qui depuis des siècles dort et attends en rêvant dans sa citée R'lyeh... dans certaines dimensions même la mort peut mourir...

le Nécronomicon ne compte pas seulement la légende des Anciens, il donne au lecteurs la possiblité d'invoquer et de soumettre les forces anciennes. L'incantation la plus connue fut nommée par le célèbre occultiste Aleister Crowley : "La malédiction de la créations originelle". Cette incantation, d'une perversion suprême, permettait de maudire l'humanité tout entière ainsi que toutes les crétaure vivantes afin de les detruire... Elle semblait avoir été écrite par Dieu en personne et s'achevait sur ces quelques mots : "Et pourquoi ? parce que je me repend d'avoir créé l'humanité...".


Un certain mystère plane d'ailleurs au sujet de l'existence du Necronomicon et de son supposé auteur "l'arabe dément" Abdul Al-Hazred qui l'écrivit écrit en 730 a Damas sous le titre original de " Al Azif". Ce Necronomicon amena d'ailleurs plusieurs curieux, théologiens, scientifiques, historiens a beaucoup de recherches et d'hypothèses restant sans réel réponse a ce jour...en réalité, il semble que ce soit une création de Lovecraft et non un vrai grimoire. Mais de nombreux "faux / hoaxes" parut en 1970 ont continués a laisser planer le doute suscitant une vive controverse parmi les disciples du Professeur S.T. Joshi, de la Miskatonic University (qui attribuaient l'ouvrage a Lovecraft lui-même) et les spécialistes des sciences occultes, convaincus de l'authenticité du grimoire. L' écrivain Jorge Luis Borges faisait preuve, lui aussi, du plus total sceptisisme jusqu'au jour où, par hasard, il mit la main sur un exemplaire poussiéreux du Necronomicon dans les rayons de la bibliothèque de l'université de Buenos Aires. Avec une équipe il as essayé de décrypter un code présent dans un manuscrit de John Dee, grand magicien d'Angleterre ayant eut et étudié le Nécronomicon, et ils obtenurent deux traduction de ce code: l'une style bonne prophétie et l'autre Apocalyptique.


Mythe ou réalité, le Necronomicon a un grand pouvoir, il nous ouvre les portes du rêve et fait de nous de grands magiciens, comme beaucoup de mythes et de légendes, il a poussé de nombreuses personnes vers des recherches qui n'ont fait que les enrichir au niveau de la connaissance.

""N'est pas mort ce qui à jamais dort, Et au cours des siècles peut mourir même la Mort." (Necronomicon).