mercredi 21 septembre 2011

Freaks à l'époque victorienne par Chas Eisenmann





Charles Eisenmann était un photographe new-yorkais, de l'époque victorienne (1871 - 1890).
Concentré principalement sur les bizarreries humaines, il réalisait dans son studio du Bowery à New York des portraits montrant des anomalies physiques et des personnages de cirque, il devint le spécialiste des photos de "Side Show" Freaks ".

Appelés "freaks" (monstres) par la profession médicale, les sujets de cette collection photographique gagnaient leur vie en apparaissant dans les cirques et les spectacles forains d'Amérique.













mardi 20 septembre 2011

Henry Fuseli, peintre de mythes et de légendes


   La Chanson des Nibelungen et son illustre héros Siegfried terrassant le dragon

Brunhilde observe Gunther suspendu au plafond
Brunehilde observant Gunther, Gunther est pieds et mains ligotés comme un paquet. Il est suspendu au plafond sous le regard dominant et inquisiteur de Brunehilde, cette illustration a été réalisée pour " la Chanson des Nibelungen".

La Chanson des Nibelungen

           

Ci-dessus et dessous, 2 toiles représentant Titania et Bottom, illustrant parfaitement "Le Songe d'une nuit d'été", nous pouvons apercevoir la fée Titania punie de son orgueil par son mari Oberon. 


Titania, reine des fées, a adopté deux bambins trouvés dans le monde des mortels.
Elle les chérit d'un amour possessif qu'elle refuse de partager avec son époux Obéron, roi des fées.
Celui-ci décide de lui donner une leçon sur les dangers de l'amour égoïste
Le roi Obéron vient d'aller épier sa femme Titania et ses deux bambins chéris.
Puck lui montre alors Égée, toujours figé sous l'effet du charme. À sa vue, Obéron a aussitôt l'idée d'un plan.

Il affuble Égée d'une tête d'âne et demande à Puck de conduire l'âne dans la retraite ombragée de Titania.
Obéron oint les yeux de la reine du suc de la fleur pourpre magique, au moment même où Puck arrive avec un Égée à tête d'âne.

En se réveillant, la reine voit Égée et tombe aussitôt amoureuse de lui, aussi grotesque soit-il.

Pendant qu'elle comble de caresses l'homme à tête d'âne et lui susurre des mots doux, Obéron et Puck font disparaître les enfants hors de la vue de Titania.
Celle-ci ordonne à ses fées de servir et divertir le ridicule Égée.
Finissant par se lasser de ce déploiement de magnificence, Égée dépose sa tête d'animal aux longues oreilles sur les genoux de la reine, et les deux s'assoupissent.

Obéron rompt le charme qui a ensorcelé les yeux de Titania et la réveille.




Toile illustrant Le Paradis perdu de Milton -  La naissance de Sin.

 "The Fire King", il s'agit ici d'une ballade de Sir Walter Scott publiée en 1801, l'histoire se situe pendant les croisades


The Night-Hag Visiting Lapland Witches

"Fuseli ne cherche dans les œuvres de Shakespeare qu’un prétexte pour donner libre cours à une imagination particulièrement fertile. Le scrupule littéraire ne semble jamais avoir étouffé l’artiste, contraint à un minimum de respect lorsqu’il illustrait les Ecritures, avec The Vision of the Candlesticks, inspiré par l’Apocalypse :

For this he chose what may be considered the most sublime moment, the sudden appearance of the apparition and the trance of the saint ; but he always regretted that he was limited to size, and tied too much to biblical precision by Mr. Macklin, instead of being allowed to exercise the full range of his fancy on a canvass of larger dimension » (Knowles I,194)." (Laurent Bury)



                                                   Visite d'un incube
"Lorsqu’un païen était agité de remords, il pensait réellement qu’une Furie travaillait au-dedans de lui-même ; et quel trouble ne devait-il donc pas éprouver à l’aspect de ce fantôme parcourant la scène, une torche à la main, la tête hérissée de serpents, et présentant aux yeux du coupable des mains teintes de sang ! Mais nous qui connaissons la vanité de toutes ces superstitions ! Nous !" (Diderot, Dorval et moi, troisième entretien)
                                                             
Chez Fuseli, les esprits voltigent, mais les revenants marchent : le père de Hamlet a les pieds sur terre, et seul le halo de lumière qui l’entoure désigne le surnaturel en lui. L’agitation est du côté des vivants, mais c’est d’une excitation contenue qu’il s’agit."

                                                             Lady Macbeth saisissant les dagues
                                                                                 Puck


« Vous danserez en rond, je vous donne la chasse,
A travers fourrés, marais, ronces, buissons.
Je serai tour à tour cheval ou chien de chasse,
Tour à tour feu ardent, ours sans tête ou cochon. » (Songe d'une Nuit d'Eté)

                                                         
Thor dans le bateau d'Hymir



Satan

dimanche 18 septembre 2011

Entre anatomie et biomécanique avec Heidi Taillefer



C’est au retour d’un voyage en Inde que tout a commencé. Une chute de chameau près de la frontière indo-pakistanaise lui ayant fracturé le bras droit, Heidi Taillefer doit porter un impressionnant appareil métallique pour garder les os en place. C’est de cette soumission forcée aux contingences matérielles de la vie que les œuvres ont vu le jour.
Le site de l'artiste : http://www.heiditaillefer.com/








De la crinière folle à la femme à barbe avec Winnie Truong



Winnie Truong est une artiste qui nous vient de Toronto. Puisant sa source d'inspiration parmi les images de magazines, elle réinvente pour notre plaisir, les figures aux pilosités exagérées et aux crinières déchaînées.

Le site de l'artiste : http://www.winnietruong.com/





J'ai tellement pris pour clarté ta chevelure
Que comme lorsqu'on a trop fixé le soleil,
On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,
Sur tout, quand j'ai quitté les feux dont tu m'inondes,
Mon regard ébloui pose des taches blondes ! 

(Cyranno de Bergerac, acte III scène VII






samedi 17 septembre 2011

L'étrange sanctuaire de l'île des poupées - La Isla de las Muñecas




C’est dans la région marécageuse de Xochimilco (près de Mexico City), connue pour ses jardins flottants, que cette étrange histoire commence.
Au détours d'un canal, se trouve une petite île, qui fut au centre d'un drame. Voilà, près de 70 ans, alors que trois fillettes jouaient, l'une d'elle se noya. Dans cet endroit propice à la légende, on raconte que depuis lors, l'île est hantée par la malheureuse.

Dans les années 50, Don Julian Santana Barrera, quitte sa famille pour vivre en ermite,  c'est sur cet îlot qu'il décide de continuer sa vie. Convaincu que l'endroit est hanté par l’esprit de la petite fille, il décide de l’apaiser en repêchant pour elle les poupées abandonnées dérivant parfois au fil de l’eau, on le voit également errer à la nuit tombante aux alentours des décharges afin de récupérer tout ce qui pourrait servir d'offrande au sanctuaire qu'il décidé de dédier à l'enfant, afin d'obtenir sa protection.

Les années passant, il accroche ses trouvailles comme autant de guirlandes macabres aux branches des arbres de l’île et s’engouffre dans la folie en retournant sur la terre ferme pour sortir d’autres cadavres de jouets des décharges environnantes. Les habitants prennent même l’habitude de venir troquer avec lui les poupées dédaignées par leurs enfants contre les légumes qu’il cultive par ailleurs sur l’île…

Attachées en l’air à l’aide de fils de fer rongés par les pluies, elles sont aujourd’hui des centaines à se décomposer dans la chaleur tropicale, formant une espèce d’œuvre d’art surréaliste et glauque qui fait frissonner les visiteurs maintenant accueillis par le fils, le cousin, ou le neveu de Don Julian. En effet, le maître des lieux fut retrouvé à son tour dans le canal, suite à une crise cardiaque, il y est tombé et est mort noyé. Une mort étrange qui vient s’ajouter à l’atmosphère effrayante des lieux.