dimanche 10 mars 2013

Le Dieu Pan d'Arcadie, désir, volupté et musique....


Le dieu Pan est représenté ici assis sur un rocher avec à ses pieds un bâton recourbé qui lui permet d’attraper les lièvres


Pan, par Leconte de Lisle (Poèmes Antique)

Pan d’Arcadie, aux pieds de chèvre, au front armé
De deux cornes, bruyant, et des pasteurs aimé,
Emplit les verts roseaux d’une amoureuse haleine.
Dès que l’aube a doré la montagne et la plaine,
Vagabond, il se plaît aux jeux, aux chœurs dansants
Des Nymphes, sur la mousse et les gazons naissants.
La peau du lynx revêt son dos ; sa tête est ceinte
De l’agreste safran, de la molle hyacinthe ;
Et d’un rire sonore il éveille les bois.


Les Nymphes aux pieds nus accourent à sa voix,
Et légères, auprès des fontaines limpides,
Elles entourent Pan de leurs rondes rapides.
Dans les grottes de pampre, au creux des antres frais,
Le long des cours d’eau vive échappés des forêts,
Sous le dôme touffu des épaisses yeuses,
Le Dieu fuit de midi les ardeurs radieuses ;
Il s’endort ; et les bois, respectant son sommeil,
Gardent le divin Pan des flèches du Soleil.
Mais sitôt que la Nuit, calme et ceinte d’étoiles,
Déploie aux Cieux muets les longs plis de ses voiles,
Pan, d’amour enflammé, dans les bois familiers
Poursuit la vierge errante à l’ombre des halliers,
La saisit au passage ; et, transporté de joie,
Aux clartés de la lune, il emporte sa proie.


A l’origine dieu des bergers, Pan est aussi une divinité musicienne dont un des attributs est la syrinx, une flûte de roseau.


Pan par Arnold Böcklin, 1863

Pan par Arnold Böcklin, 1859

Pan et la Nymphe par Arnold Böcklin

"Comme elle revenait des hauteurs du Lycée, Pan la voit, et, la tête hérissée d’une couronne de pin, il lui adresse ces paroles…Il restait à Mercure à rapporter ces paroles, à raconter la fuite de la nymphe, dédaigneuse des prières de Pan, jusqu’à ce qu’elle atteigne le Ladon, dont les eaux coulent paisiblement sur son lit de sable. Comment, là, les ondes arrêtant sa course, elle avait prié les nymphes des eaux, ses sœurs, de la métamophoser ; et comment Pan, qui se croyait déjà le maître se Syrinx qu’il venait de saisir, au lieu du corps de la nymphe, n’avait plus tenu que des roseaux palustres ; comment, alors qu’il exhalait ses regrets, le roseau, au souffle du vent, avait rendu un son ténu, tout semblable à une plainte. Le dieu, charmé par la nouveauté de cet art et la douceur de ces accents : « C’est ainsi que mon entretien avec toi, avait-il dit, se perpétuera.» Et c’est ainsi que, grâce aux roseaux inégaux, assemblés entre eux et retenu par la cire, il avait conservé le nom de la jeune fille" (Métamorphoses d'Ovide)

Pan et Syrinx - Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide.

Dieu de la fertilité, ce fils d’Hermès et d’une nymphe est surtout célèbre pour son appétit sexuel bestial et insatiable. Sa laideur légendaire lui vaut d’être souvent repoussé. La peur qu’il inspire est à l’origine du mot panique. Il est représenté comme un homme à pattes et aux cornes de bouc.


Mais Pan représente également le désir et la volupté.


                                  
D’après Hérodote,  le culte de Pan a pris naissance en Egypte où il était courant d’adorer le bouc.
L’expression "démons en forme de bouc" utilisée dans la Bible est peut-être une allusion à cette forme de culte païen : (Lévitique 17:7) "Ils n’offriront plus leurs sacrifices à ces satyres (aux faux dieux représentés sous forme de boucs; aux démons en forme de boucs) à la suite desquels ils se prostituaient."
        
Sacrifice à Pan par Goya
                                                           
Une fois délivré de son pourvoir de tout changer en or , Midas partit à la campagne pour adorer le dieu pan. Un jour, il entendit parler d’un concours de musique entre Pan et Apollon.

Pan et Midas

Midas accepta d'être l'arbitre d'un concours de musique entre Pan et Apollon jouant de la lyre. Préférant nettement la flûte de Pan, Midas déclara Pan vainqueur, Apollon, très contrarié par ce choix, déchiqueta celui-ci et affubla éternellement le roi Midas d'une magnifique paire d'oreilles d'âne.

Pan, Midas et Apollon

A partir de ce jour, Midas afin de cacher son infirmité, porta jour et nuit un bonnet conique maintenu par deux bandeaux. (Le célèbre bonnet Phrygien)......


Pan par José-Maria de Heredia

À travers les halliers, par les chemins secrets
Qui se perdent au fond des vertes avenues,
Le Chèvre-pied, divin chasseur de Nymphes nues,
Se glisse, l’œil ardent, sous les hautes forêts.

Il est doux d’écouter les soupirs, les bruits frais
Qui montent à midi des sources inconnues
Quand le Soleil, vainqueur étincelant des nues,
Dans la mouvante nuit darde l’or de ses traits.

Une Nymphe s’égare et s’arrête. Elle écoute
Les larmes du matin qui pleuvent goutte à goutte
Sur la mousse. L’ivresse emplit son jeune cœur.

Mais, d’un seul bond, le Dieu du noir taillis s’élance,
La saisit, frappe l’air de son rire moqueur,
Disparaît… Et les bois retombent au silence.


Pan et Daphnis



Cette tasse de bois noire comme un pépin,
Où j'ai su d'une lame insinuante et dure,
Sculpter habilement la feuille du raisin
Avec son pli, ses noeuds, sa vrille et sa frisure,

Je la consacre à Pan en souvenir du jour
Où le berger Damis m'arrachant cette tasse,
Après que j'y eus bu, vint y boire à son tour
En riant de me voir rougir de son audace.

Ne sachant où trouver l'autel du dieu cornu
Je laisse mon offrande au creux de cette roche . . .
Mais maintenant mon coeur a le goût continu
D'un baiser plus profond, plus durable et plus proche . . .

Anna de Noailles.

.Pan par Arnold Böcklin, 1875

vendredi 1 mars 2013

Le mystère des cercueils du Siège d'Arthur en Ecosse



En 1836, près d’Édimbourg en Ecosse, cinq jeunes garçons jouaient à la chasse aux lapins lorsque dans le lieu surnommé "le Siège d’Arthur" ils firent une découverte plus qu’étrange.

Sur le flanc d’une falaise près du sommet, entre des minces feuilles de schiste, alors qu'ils exploraient un terrier,  ils découvrirent une petite grotte contenant dix-sept cercueils miniatures. Ceux-ci étaient disposés sur deux rangées de huit cercueils alors que le dix-septième trônait sur le dessus laissant à penser qu'une nouvelle rangée était commencée.

Dans chacun de ces dix-sept cercueils miniatures se trouvait un occupant; une petite figurine en bois taillé. Chaque figurine était vêtue d'une tenue traditionnelle ainsi que de chaussures noires.

Apparemment ces cercueils ont été déposés au fil du temps, ceux de la rangée inférieure étant plus abîmés, donc plus anciens que ceux du dessus. Il semblerait qu’il y ait eut un écart de plusieurs années entre le dépôt de chaque cercueils.

De nos jours, le mystère sur la provenance et l'utilité de ces pièces reste entier. Diverses théories circulent. Pour certains il s'agirait de poupées vaudou, pour d’autres il représenterait une sorte de mémorial pour les marins disparus en mer. Certains parlent également de cercueils de fée…
Enfin, d’autres affirment qu’il pourrait s’agir d’une représentation des victimes de Burke et Hare deux tueurs en séries qui avaient été arrêtés quelques années plus tôt. Cette théorie reste quand même discutable étant donné que sur les dix-sept victimes il y avait douze femmes et que ces cercueils ne contiennent que des figurines d’hommes.

Les études ont montré que ces cercueils et ces figurines ne sont pas antérieurs à 1800. De plus ils semblent avoir été confectionnées par un cordonnier vu le travail brut du bois, par contre, un grand soin a été apporté aux habits et aux chaussures.




lundi 18 février 2013

Le Christ Chronocrater par Christopher Ulrich

Expiation

Dans ces dernières compositions "Le Christ Chronocrater" le peintre Christopher Ulrich a réalisé des oeuvres néo-classiques qui s'inspirent des peintures religieuses de la Renaissance et du Gothique assaisonnées d'une pincée de Baroque. Le tout est teinté de fantastique et de mysticisme.

Le Christ Chronocrater Série III: The Reckoning marque la fin d'une odyssée de six ans connue sous le nom Saga Demoneater.

Un lien pour voir quelques oeuvres de celle-ci sur un article ancien : http://elisandre-librairie-oeuvre-au-noir.blogspot.fr/2011/05/daleister-crowley-la-peinture.html

La Nativité

Baptême

Crucifixion

Armageddon
                                                                                
Descente aux Limbes

L'Annonciation

Ascension

Eucharistie

La Cène

Mise au Tombeau

Le Jugement Dernier

jeudi 14 février 2013

Entre folklore roumain et néo-paganisme avec Tatomir Pitariu

Invocation

Tatomir PITARIU est né et a grandi à Sibiu, une ville historique dans la partie sud de la Transylvanie, en Roumanie. Il vit maintenant à Los Angeles avec sa famille.
Ses sujets sont une combinaison de souvenirs d'enfance et de la vie quotidienne aux Etats-Unis.
Le site de l'artiste : http://www.tatomir.com/


La guerre des Anges

"Drawing, fills me with a sense of accomplishment and has proven to be the best way of translating my inner vision into reality. Though I work quite deliberately, consciously employing both traditional and innovative techniques, my unconscious is the undisputed project manager. The nature of this work frees my imagination and provides many opportunities for happy accidents to influence the finished piece."

Déesse de la diététique

Une créature timide

La réunion en forêt

Le dessin à la main

La naissance du Mal



Vampire

Strigoi

Muma Padurii

Martisor

mardi 5 février 2013

Ruines en monochrome par Dominic Rouse


Dominic Rouse (né en 1959) est un photographe numérique anglais . Son approche stylisée de la photographie consiste à créer des compositions monochromes numériques qui déconstruisent et reconstruisent la forme humaine.
Le site de l'artiste : http://www.dominicrouse.com/


Ange divin, qui mes plaies embaume par Pierre de Ronsard

Ange divin, qui mes plaies embaume,
Le truchement et le héraut des dieux,
De quelle porte es-tu coulé des cieux,
Pour soulager les peines de mon âme ?
Toi, quand la nuit par le penser m’enflamme,
Ayant pitié de mon mal soucieux,
Ore en mes bras, ore devant mes yeux,
Tu fais nager l’idole de ma Dame.
Demeure, Songe, arrête encore un peu !
Trompeur, attends que je me sois repu
De ce beau sein dont l’appétit me ronge,
Et de ces flancs qui me font trépasser :
Sinon d’effet, souffre au moins que par songe
Toute une nuit je les puisse embrasser.