lundi 18 octobre 2010

Le Grimoire des Morts ou la légende de l'Agrippa.



Etrange que cette légende sur un vieux grimoire que beaucoup auraient possédés, livre vivant de dimension énorme, qui semait la  terreur en son temps.

Anatole Le Braz raconte au sujet de ce grimoire :
"L'Agrippa est un livre énorme. Placé debout, il a la hauteur d'un homme. Les feuilles en sont rouges, les caractères en sont noirs. Pour qu'il ait son efficacité, il faut qu'il ait été signé par le diable.
Tant qu'on n'a pas à le consulter, on doit le maintenir fermé à l'aide d'un gros cadenas. C'est un livre dangereux. Aussi ne faut-il pas le laisser à portée de la main. On le suspend au moyen d'une chaîne, à la plus haute poutre d'une pièce réservée. Il est nécessaire que cette poutre ne soit pas droite, mais tordue".
L'Agrippa n'est pas un livre comme les autres. Il est vivant, et répugne à se laisser consulter. Pour lui arracher ses secrets, il faut se mesurer à lui et le dresser, comme on le ferait d'une bête fauve : "Tant qu'on ne l'a pas dompté, on n'y voit que du rouge. Les caractères noirs ne se montrent que lorsqu'on les y a contraints, en rossant le livre, comme un cheval rétif. On est obligé de se battre avec lui, et la lutte dure parfois des heures entières. On en sort baigné de sueur.
L'homme qui possède l'Agrippa ne peut plus s'en défaire sans le secours du prêtre, et seulement à l'article de la mort"
Primitivement, seuls les prêtres avaient le droit de posséder un exemplaire de l'Agrippa. Chacun d'eux avait le sien qui apparaissait le lendemain de leur ordination à leur  réveil sur leur table de nuit, sans qu'ils sachent d'où il leur venait ni qui le leur avait apporté.
Pendant la révolution française, de nombreux ecclésiastiques émigrèrent, et leurs Agrippa furent dispersés. Ainsi s'explique la présence dans certaines fermes du "livre étrange".

Le clergé sait combien il a été détourné d'agrippas, et quels sont les profanes qui les détiennent. Un ancien recteur de Penvénan disait :
- Il y a dans ma paroisse deux agrippas qui ne sont pas où ils devraient être. Le prêtre ne fait mine de rien, tant que le détenteur est en vie; mais lorsque, aux approches de la mort, il est appelé à son chevet, après avoir entendu la confession du moribond, il lui parle en ces termes :
- Jean ou Pierre, ou Jacques, vous aurez un poids bien lourd à porter par-delà le tombeau, si vous ne vous en êtes débarrassé dans ce monde.
Il n'est pas nécessaire d'être prêtre pour savoir quand un homme qui n'est pas du métier possède un agrippa.
L'homme qui possède un agrippa sent une odeur particulière. Il sent le soufre et la fumée, parce qu'il a commerce avec le diable. C'est pourquoi l'on s'écarte de lui.
Puis, il ne marche pas comme tout le monde. Il hésite dans chaque pas qu'il fait, de crainte de piétiner une âme.
Loizo-goz, de Penvénan, en avait un qui l'embarrassait fort ; il n'eût pas demandé mieux que de le passer à quelque autre. Il le proposa à un cultivateur de Plouguiel qui l'accepta.
Une nuit, on entendit dans tout le pays un vacarme épouvantable. C'était Loizo-goz qui conduisait l'agrippa à Plouguiel en le tirant par sa chaîne.
Au retour, Loizo-goz chantait gaiement. Il se sentait un poids de moins sur le coeur. Mais, à peine rentré chez lui, toute sa joie tomba. L'agrippa était déjà revenu occuper son ancienne place.
A quelques temps de là, Loizo-goz fit un grand feu d'ajonc et y jeta le mauvais livre. Mais les flammes, au lieu de dévorer l'agrippa, s'en écartaient.
- Puisque le feu n'y peut rien, essayons de l'eau! se dit Loizo-goz. Il traîna le livre à la grève de Buguélès, monta dans une barque, gagna le large, et lança à la mer l'agrippa auquel il avait eu soin d'attacher plusieurs grosses pierres, afin de le faire descendre jusqu'au fond de l'abîme et de l'y maintenir.
- Là, pensa-t-il, cette fois au moins, nous voilà séparés pour jamais. Il se trompait.
Comme il s'en revenait par la grève, il entendit derrière lui un bruit de chaîne dans les galets. C'était l'agrippa qui achevait de se débarrasser des grosses pierres. Loizo-goz le vit passer à côté de lui, rapide comme une flèche. Au logis, il le retrouva, suspendu à la poutre accoutumée. La couverture, les feuillets étaient secs. Il semblait que l'eau de la mer ne les eût même pas touchés.
Loizo-goz dut se résigner à garder son agrippa.
(Conté par Baptiste Geffroy, dit Javré. - Penvénan, 1886.)

Toutefois, le possesseur illégitime d'un Agrippa se reconnaît à certains signes sûrs : il émane de lui une odeur particulière, faite de soufre et de fumée, et il marche en hésitant à chaque pas qu'il fait, de crainte de piétiner une âme. Il ne peut plus jamais se défaire du livre maudit, à moins d'appeler à son secours un prêtre assermenté, et cela uniquement lorsqu'il se trouve à l'article de la mort. C'est à ce moment-là que les hommes d'Eglise, appelés au chevet du défunt, lui accordent l'extrême-onction en échange du livre interdit.
La promesse du paradis - et surtout l'assurance qu'il n'ira pas en enfer - suffit à convaincre le moribond, qui envoie quelqu'un des siens détacher l'Agrippa : "L'Agrippa, détaché, cherche à faire des siennes. Il mène un sabbat à travers toute la ferme. Mais le prêtre l'exorcise et le fait tenir tranquille. Puis il commande aux personnes qui sont là d'aller quérir un fagot d'ajonc. Il y met le feu lui-même. L'Agrippa est bientôt réduit en cendres. Le prêtre recueille alors cette cendre, l'enferme dans un sachet, et passe le sachet au cou du moribond, en disant :"Que ceci vous soit léger!"



Claude Seignolle affirme de son côté que les pages des grimoires sont colorées d'un pourpre si violent qu'on ne peut les contempler longtemps sans se brûler les yeux. Le profane ne peut toutefois y distinguer aucun signe, et cela afin que les secrets du diable ne soient pas révélés au tout-venant : "Il est bien connu que si tu n'es pas toi-même sorcier, il faut te garder de lire ces livres car plus tu les lis, plus tu désires en savoir, tant et si bien que finalement tu ne peux te retenir de jeter le mal ; là est un grand risque : si tu as le sang plus faible que ta victime, le sort se retourne contre toi et tu l'attrapes de plein fouet".

L'Agrippa est sensé contenir les noms de tous les diables et enseigne le moyen de les évoquer.
On peut savoir, grâce à lui, si tel défunt est damné.
Le prêtre qui vient de célébrer un enterrement va aussitôt consulter son Agrippa.
A l'appel de leurs noms, tous les démons accourent. Le prêtre les interroge un à un.
- As-tu pris l'âme d'un tel?
Si tous répondent ; Non, c'est que l'âme est sauvée.
Pour les congédier, le prêtre les appelle de nouveau par leurs noms, mais en commençant par le nom du diable qui est arrivé le dernier, et ainsi de suite.
Il est également connu que le diable ne tolère la présence de grimoires sur terre qu'en nombre limité, et finit toujours à plus ou moins longue échéance par venir reprendre son bien, avec, par la même occasion, l'âme du possesseur de grimoire. L'inquisiteur Giraldo fait ainsi dire au Cornu : "Je tords le cou à ceux qui, lisant dans un grimoire sans le savoir, me font venir et ne me donnent rien. Mais je m'en retourne paisiblement d'avec ceux qui me donnent une savate, un cheveu ou une paille...."

Les illustrations de cet article sont de Zdzislaw Beksinski.

samedi 16 octobre 2010

Rêves de Chauve-Souris


La Chauve-souris par Victor Hugo (Odes et Ballades)

Oui, je te reconnais, je t'ai vu dans mes songes,
Triste oiseau ! mais sur moi vainement tu prolonges
Les cercles inégaux de ton vol ténébreux ;
Des spectres réveillés porte ailleurs les messages ;
Va, pour craindre tes noirs présages,
Je ne suis point coupable et ne suis point heureux.


Attends qu'enfin la vierge, à mon sort asservie,
Que le ciel comme un ange envoya dans ma vie,
De ma longue espérance ait couronné l'orgueil ;
Alors tu reviendras, troublant la douce fête,
Joyeuse, déployer tes ailes sur ma tête,
Ainsi que deux voiles de deuil.

Sœur du hibou funèbre et de l'orfraie avide,
Mêlant le houx lugubre au nénuphar livide,
Les filles de Satan t'invoquent sans remords ;
Fuis l'abri qui me cache et l'air que je respire ;
De ton ongle hideux ne touche pas ma lyre,
De peur de réveiller des morts !

La nuit, quand les démons dansent sous le ciel sombre,
Tu suis le chœur magique en tournoyant dans l'ombre.
L'hymne infernal t'invite au conseil malfaisant.
Fuis ! car un doux parfum sort de ces fleurs nouvelles ;
Fuis, il faut à tes mornes ailes
L'air du tombeau natal et la vapeur du sang.

Qui t'amène vers moi ? Viens-tu de ces collines
Où la lune s'enfuit sur de blanches ruines ?
Son front est, comme toi, sombre dans sa pâleur.
Tes yeux dans leur route incertaine
Ont donc suivi les feux de ma lampe lointaine ?
Attiré par la gloire, ainsi vient le malheur ?

Sors-tu de quelque tour qu'habite le Vertige,
Nain bizarre et cruel, qui sur les monts voltige,
Prête aux feux du marais leur errante rougeur,
Rit dans l'air, des grands pins courbe en criant les cimes,
Et chaque soir, rôdant sur le bord des abîmes,
Jette aux vautours du gouffre un pâle voyageur ?

En vain autour de moi ton vol qui se promène
Sème une odeur de tombe et de poussière humaine ;
Ton aspect m'importune et ne peut m'effrayer.
Fuis donc, fuis, ou demain je livre aux yeux profanes
Ton corps sombre et velu, tes ailes diaphanes,
Dont le pâtre conteur orne son noir foyer.

Des enfants se joueront de ta dent furieuse ;
Une vierge viendra, tremblante et curieuse
De son rire craintif t'effrayer à grand bruit ;
Et le jour te verra, dans le ciel exilée,
A mille oiseaux joyeux mêlée,
D'un vol aveugle et lourd chercher en vain la nuit !

Chauve-Souris par Jules Renard.

La nuit s'use à force de servir.
Elle ne s'use point par le haut, dans ses étoiles. Elle s'use comme une robe qui traîne à terre, entre les cailloux et les arbres, jusqu'au fond des tunnels malsains et des caves humides.
Il n'est pas de coin où ne pénètre un pan de nuit.
L'épine le crève, les froids le gercent, la boue le gâte.
Et chaque matin, quand la nuit remonte, des loques s'en détachent, accrochées au hasard.
Ainsi naissent les chauves-souris.
Et elles doivent à cette origine de ne pouvoir supporter l'éclat du jour.
Le soleil couché, quand nous prenons le frais, elles se décollent des vieilles poutres où, léthargiques, elles pendaient d'une griffe.
Leur vol gauche nous inquiète. D'une aile baleinée et sans plumes, elles palpitent autour de nous. Elles se dirigent moins avec d'inutiles yeux blessés qu'avec l'oreille.
Mon amie cache son visage, et moi je détourne la tête par peur du choc impur.
On dit qu'avec plus d'ardeur que notre amour même, elles nous suceraient le sang jusqu'à la mort.
Comme on exagère !
Elles ne sont pas méchantes. Elles ne nous touchent jamais.
Filles de la nuit, elles ne détestent que les lumières, et, du frôlement de leurs petits châles funèbres, elles cherchent des bougies à souffler.

vendredi 15 octobre 2010

Paul Delvaux, les femmes mystérieuses et les gares.


"Balancé entre la sensualité et le respect, j'ai peint des femmes qui sont une sorte de compromis entre Eve et la Vierge Marie. Elles sont vertueuses jusque dans leur impudeur" (Paul Delvaux)


Paul Delvaux, né le 23 septembre 1897 à Antheit, Belgique et mort le 20 juillet 1994 à Furnes, était un peintre post-impressionniste, expressionniste puis surréaliste belge.

Est-ce que son éducation dispensée par un milieu familial féminin a contribué à lui donner une certaine crainte des femmes ? Dans tous les cas on peut remarquer qu'elles représentent à ses yeux des personnages mystérieux.


Au début des années 1930, Delvaux découvre à la Foire du Midi de Bruxelles une baraque foraine, le musée Spitzner, qui va profondément le marquer. Ce sordide cabinet de curiosités, où sont exposées des malformations congénitales, contient également une étrange poupée de femme. Delvaux en fera la Vénus Spitzner, figure de femme endormie, thème récurrent dans son travail.


Mais c'est également la découverte des œuvres de James Ensor et De Chirico en 1934 qui le perturbe par ses anachronismes, le sentiment d'étrangeté et de mystère ; cette rencontre le conduira sur le chemin de l'imaginaire et du rêve.
L'inconscient et la sexualité irradient les tableaux de Delvaux d'une lumière lunaire, la femme est omniprésente dans ses oeuvres, sorte de synthèse entre l'Eve charnelle et la Vierge, nue et fantomatique.

Même si ces peintures dégagent un érotisme certain, la nudité est souvent utilisée pour appuyer sur l'atmosphère étrange, ainsi avec "La Place Publique", on peut constater l'indifférence du bourgeois lisant son journal.


Le climat est créé par le décor, avec des anachronismes contribuant à l'Atemporalité et à l'Intemporalité, nous apercevons des décors antiques, des temples et des gares, certains diront pourquoi des gares ? Il répondait que simplement il les trouvait beaux.
Nous retrouvons également la mort, le squelette, l'homme au chapeau melon.


Le village de Saint-Idesbald dans la commune flamande de Coxyde, sur la côte belge où il a vécu longuement depuis 1945, lui a consacré un musée depuis 1982. Si vous passez par là, je vous le conseille.

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mercredi 13 octobre 2010

Arnold Böcklin, l'Ile des Morts, le Bois Sacré et le Faune

Faune jouant du Syrinx
Arnold Böcklin, né le 16 octobre 1827 à Bâle et mort le 16 janvier 1901 à San Domenico di Fiesole en Italie, est un peintre, dessinateur, graphiste et sculpteur suisse
1880 - Bâle

New-York 1880

Leipzig 1886

1883

 
L'Ile des Morts
Cette composition très connue fut à l'origine commandée par Mme Marie Berna de Francfort. On en connait cinq versions de la main de l'artiste. Le titre "L'Ile de la Mort" fut inventé plus tard par le marchand de tableaux Franz Gürlitt, Böcklin quant à lui, parlait d'un tableau de rêve (cité dans "L'Interprétation des Rêves" de Freud). Les rêves qu'il fait naître,  le titre adopté par la suite se rapportent à une île de l'au-delà, celle qui, dans la mythologie antique, est associée au guide des âmes, Caron, au fleuve de l'oubli, Léthé et aux Champs-Elysées.
C'est l'atmosphère mystérieuse et froide du tableau qui provoque ces associations d'idées, ainsi que le silence suffocant dont même la nacelle qui mène à l'île est prisonnière. Le tableau veut être le symbole du silence et l'irrévocabilité de la mort.
Le Bois Sacré
La composition sévère suggère une atmosphère solennelle, renforcée à la fois par le grave cortège des prêtres et par les personnages respectueusement agenouillés devant l'autel des sacrifices. Le lieu de culte séparé du temple par un bosquet sombre et plongé dans une lumière mystique apparaît comme un domaine isolé, en marge du paysage inondé de soleil, où l'on peut en quelque sorte percevoir le règne des divinités surhumaines de la nature.
Dans le jeu des vagues
Medusa

mardi 12 octobre 2010

Fernand Khnopff, Péladan, le Sphinx et la Méduse

Brutishness
"Ni religieux, ni chrétien, ni mythologique, mais plutôt emblématique" (Edmond-Louis De Taeye).

Fernand Khnopff est un peintre, dessinateur et graveur symboliste belge né à Grembergen (Termonde) le 12 septembre 1858 et mort à Bruxelles le 21 novembre 1921.

Il grandit à Bruges, où son père est substitut du procureur du Roi. Cette enfance brugeoise marquera à jamais son oeuvre du sceau de la nostalgie et du regret d'une ville idéale.

A l'âge de huit ans il déménage à Bruxelles et y poursuit ses études, il y fait la connaissance de James Ensor et de Jean Delville.
Il est l'un des fondateurs du « Groupe des XX » en 1883.
                                      Requiem
Il fut également influencé par le courant préraphaélite, et plus particulièrement Edward Burne-Jones.
Sa soeur Marguerite fut sa première muse, ensuite il s'intéressa aux femmes parées de superbes chevelures rousses.

Deux types de femmes caractérisent son œuvre : la femme sphinx et la femme ange. Le regard des femmes dans ses tableaux est très important. C'est un regard vide qui évoque la mort, un regard qui évoque un autre monde. Ses compositions emplies de mystère, où règnent des femmes inaccessibles, entourées d'objets chargés de symboles ou plongées dans une profonde rêverie, s'imposèrent d'emblée comme l'incarnation du nouveau courant pictural.

                                                Istar (Frontispice pour Joséphin Péladan)
Khnopff participe aux premiers Salons Rose+Croix en 1892 à Paris, celles-ci étaient dirigées par le Sar Péladan qui voulait promouvoir l'idéalisme et une certaine mystique ésotérique dans l'art et "la ruine du réalisme" . Il crée les frontispices de la plupart des oeuvres du mage rosicrucien.
Khnopff et Péladan sont devenus complices dès 1884, alors que Péladan était à la recherche d'artistes pour illustrer ses oeuvres.

Des Caresses ou l'Art ou le Sphinx.

Voici une description du tableau qui était exposé au Salon de la Rose-Croix,"Une femme très sphinge, superbe de formes, un grave adolescent aux gestes de mystère". En 1886, la presse se refère à un intéressant symbole de la lutte entre le désir de la domination terrestre et celui de l'abandon de la volupté. Le premier est incarné par le porteur d'un sceptre à double ailette, comme un caducée, sceptre qui intervient comme un symbole de la Rose-Croix dans un dessin de Knoopff. Le deuxième est incarné par une femme-guépard, la
séductrice. Peut-être faut-il remonter à Péladan et à son incessant duel entre l'Amour et la Pensée.
La Méduse endormie.

Etrange assimilation entre la gorgone et un oiseau dont le plumage semble être celui d'un aigle. L'aigle animal solitaire, est devenu ici un oiseau nocturne, nouvelle incarnation de la solitude souveraine, dédaigneuse même de toute proie.


 Le sang de la Méduse.

lundi 11 octobre 2010

Jean-Jacques Lequeu architecte libertin, pornographe et la pyramide de Blagnac

Enigmatique personnage, Jean-Jacques Lequeu, né le 14 septembre 1757 à Rouen et mort le 28 mars 1826 à Paris, est un architecte dessinateur français.


Architecte d'avant-garde, précurseur du fantastique, Lequeu nous a laissé de beaux projets mélant le gothique, l'égyptien, le grec, le chinois, malheureusement, la plupart sont irréalisables ou ne l'ont été.
Le reste de son œuvre picturale, tels ses autoportraits en travesti, appartient au fantasme et a constitué une inspiration pour le surréalisme qui a vu en lui un précurseur. On ne sait pas grand-chose de sa vie. On sait qu’il a travaillé dans sa ville natale avec l’architecte Le Brument, occasionnellement, il a illustré certains livres érotiques.



Nous pouvons également retrouver de sa main des gravures à tendances francs-maçonniques, dont le Temple de la Sagesse ainsi que le dessin d'une Loge, appelée la "Maison gothique", celles-ci sont basées sur l'itinéraire des anciens temples égyptiens et impliquent des automates complexes pour simuler des essais
d'initiation par le feu, l'eau et l'air.

Les esquisses utilisées par Lequeu proviennent des descriptions de l'ouvrage de l'abbé Jean Terrasson, dont le Séthos connut un réel succès et popularisa la notion de « mystères égyptiens ». (Terrasson présente l'histoire de Séthos comme une œuvre de fiction qu'il dit avoir tirée d'un manuscrit grec d'un auteur inconnu, qui lui-même aurait puisé à des sources égyptiennes).

Section perpendiculaire d'un souterrain de la maison gothique
Plan géométral d'un temple consacré à l'Egalité
; Pour le jardin du philosophe
Elévation géométrale du temple de la Terre

La question de savoir si Lequeu appartenait à la franc-maçonnerie est restée à l'ordre du jour, plusieurs observateurs ont été intrigués après avoir vu sur la pyramide de Blagnac cette citation : "Le bonheur est dans l'angle où les sages sont assemblés".

L’angle mentionné dans la phrase énigmatique de Lequeu est une référence directe de la franc-maçonnerie, soulignons que l’architecture et la géométrie sont les pilliers de leurs allégories spirituelles.
Les symboles Maçonniques du compas et du carré tout en considérant Dieu d’être « le Grand Architecte » sont suffisamment des preuves de ce fait.
Mort dans l'ombre, ce visionnaire dont la nonne dénudée a fait le tour du monde, reste un personnage mystérieux qui mérite d'être plus connu.
Age pour concevoir.