mardi 28 juin 2011

Femmes, démones ou pythies ? avec Eric Keller


Je ne peux que vous convier à visiter le site de ce photographe dunkerkois dont les travaux variés sont à découvrir : http://www.eric-keller.com/
                                                  Wunderkammer
"En visitant le musée municipal, j’ai découvert, installée à la croisée des allées de sombres tableaux de maîtres flamands – telle une princesse empoisonnée, assoupie dans sa châsse de cristal au milieu d’une clairière – la momie d’une jeune prophétesse perse.
De cette rencontre inattendue, je garde le souvenir de sentiments de répulsion et d’attirance mêlés.
La vue de ce corps à la chair desséchée, plus impressionnant qu’un squelette, était cauchemardesque, avec sa peau parcheminée, enduite de goudron et tachetée de restes de feuille d’or.
Cependant, je ne pouvais m’empêcher de trouver émouvants ces crins filasses, qui avaient dû, jadis, s’étaler en mèches souples et luisantes, et encadrer un visage charmant.
J’en contemplais le rictus calciné, les rides effrayantes découvrant un sourire obscène de goule.
Le cadavre reposait tel qu’on l’avait trouvé, allongé sur un lit de feuilles séchées, précieuses comme des joyaux éparpillés.
Penché sur le cercueil de verre, je songeais à l’existence de cette déesse païenne, à ses rituels et à ses chants, à ses transes divinatoires.
Une Sibylle de l’âge de bronze privée de sépulture."(Eric Keller)

"J’ai un goût prononcé pour les objets empreints de magie, composés de fibres de végétaux, de cheveux, d’os, de crânes d’animaux noircis par la fumée, incrustés de boue séchée, qui proviennent d’Afrique ou d’Océanie. Symboles païens, animistes, talismans, amulettes, fétiches, totems. Ceux la même qui, malgré la protection de la vitrine d’exposition d’un musée, dégagent des fluides puissants, évocateurs d’arcanes oubliés, de rites sauvages, de cérémonies venues du fond des âges."


"Je me demande parfois à quoi ressembleraient mes photographies si j’étais né ailleurs qu’à Dunkerque.
Mes grands parents paternels étaient polonais, immigrés en France au début des années 30. Aujourd’hui encore, je me souviens des légendes de Pologne, d’Ukraine, de Lituanie, d’aventures vécues dans leur enfance aussi, qu’ils me contaient dans un français ponctué d’expressions dans leur langue natale. Leur accent enrobait leurs histoires d’un mystère supplémentaire."(Eric Keller)






lundi 27 juin 2011

Cauchemars et folie en noir et blanc avec Laurie Lipton


“Her exhibition returns constantly to the theme of social masks while laying bare those deeply harboured fantasies and terrors which belie supposedly “normal” appearances.” - The Times (London)

D’origine new-yorkaise, Laurie Lipton est diplômée en dessin de l'Université de Carnegie-Mellon en Pennsylvanie, elle vécut en Hollande, en France, en Belgique et en Allemagne et habite Londres depuis 1986.

Laurie Lipton est une véritable virtuose du crayon noir et du fusain, son univers surréaliste hanté de squelettes, nous invite aux confins d'un monde où horreur, humour et folie se battent en duel à coups de milliers de lignes et de hachures.

Laurie tire son inspiration des peintures religieuses de l'école flamande, ainsi que des angoisses existentielles et autres psychoses de l'espèce humaine.

Voilà quelques années que j'ai été impressionnée par le travail de Laurie Lipton,  son réalisme et la maîtrise de sa technique sont rares,  Laurie explique que ses compositions prennent plus de temps à voir le jour qu'un tableau de la même taille, orné des mêmes détails.

Le site de l'artiste : http://www.laurielipton.com/
















samedi 25 juin 2011

L'art érotique japonais entre poulpes et insectes avec Daikichi Amano et Hokusai


Daikichi Amano est l'un des plus célèbres artistes visuels du Japon d'aujourd'hui. Amano est tout à la fois producteur, réalisateur, éditeur et photographe.
Il est également le créateur japonais de la maison de production Genki.(au Japon, le Genki-genki est à la base le nom d’une société de production de films pornographiques extrêmes qui se manifestent principalement par des pratiques que l’on qualifierait en France de zoophiles.).


S'appuyant sur l'iconographie et la mythologie, Amano crée de farouches guerriers, des sirènes dévorées par des animaux marins qui prennent l'allure de monstres, évoquant nos peurs primales.

Amano interprète la nature et observe minutieusement le monde des hommes et en particulier celui des femmes pour nous livrer un univers graphique digne d’un génie du fantastique, laissant libre cours à son inventivité et à son humour, il a ainsi redonné vie aux Shunga (gravures érotiques et traditionnelles japonaises).

Fasciné par les épidermes glaireux et immondes, Daikachi Amano prend un malin plaisir à plonger ses actrices dans des baignoires remplies d'animaux qui agonisent en se convulsant, modèles et actrices qui sont à mes yeux de véritables performers.

On ne peut nier qu'Amano a fortement été influencé par Hokusai (Katsushika Hokusai (1760—1849) et sa célèbre estampe "Le rêve de la femme du pêcheur), estampe érotique certainement la plus connue.
Le rêve de la femme du pêcheur, Hokusai, 18éme siècle, Japon
Des pieuvres y assouvissent les fantasmes de la femme du pêcheur, celle-ci est  enlacée par les tentacules de deux pieuvres. La plus petite étreint l'un de ses seins et l'embrasse alors que la plus grande pratique un cunnilingus. Hokusai la réalisa lors de l'époque d'Edo (1600-1868), période pendant laquelle le shintoïsme faisait une résurgence, ce qui influença la tendance animiste de cette œuvre.
C'est un des exemples les plus connus de shunga (gravures érotiques), elle a inspiré de nombreux artistes et est l'une des pièces fondatrices du style de hentai appelé shokushu













mercredi 22 juin 2011

Freaks et autres curiosités avec Thomas Kuebler




Thomas Scott Kuebler est né à Cleveland, Ohio en 1960.

Il a travaillé en tant que concepteur de jouets pour des entreprises américaines,  pendant ses loisirs, il confectionnait des sculptures grandeur nature pour des galeries, par la suite, il fut employé par des anthropologues célèbres afin de recréer avec exactitude nos ancêtres préhistoriques.

Ses statues réalisées en argile et en silicone sont d'un réalisme étonnant, à tel point qu'elles sont vendues internationalement aux sociétés, aux clients privés, aux musées, aux restaurants, et aux célébrités.
Après plus d'une décennie dans l'industrie de l'animation de la robotique, Tom Kuebler continue sa vie en tant qu'artiste indépendant.

Je vous convie à la visite de son site :
http://www.tskuebler.com/latest_attractions/