jeudi 6 janvier 2011

Freak Show


"Les monstres véritables ne ressemblent pas à des monstres."

Ne sommes-nous pas tous le monstre de quelqu'un ? Nos caractéristiques, nos différences ne font-elles pas de nous un être unique ?




Depuis l'antiquité, l'exhibition d'êtres étranges ou dotés de qualités exceptionnelles, est prisée, géants, nains, hermaphrodite, etc....  sont  esclaves ou vedettes de leurs caractéristiques, certains furent vendus par leurs parents, tandis que d'autres ont choisis la voie du cirque de leur plein gré.

Freaks, ou La Monstrueuse Parade, est un film culte américain réalisé par Tod Browning, sorti en 1932, ce film est désormais un classique du cinéma,  le film qui rend le plus grand hommage à ce chef-d'œuvre est certainement Elephant Man de David Lynch, où l'on retrouve les mêmes thématiques.


Joseph Carey Merrick (5 août 1862 à Leicester, Angleterre - 11 avril 1890 à Londres) est un Britannique présenté comme phénomène de foire sous le surnom de « Elephant Man » (« homme éléphant »). Il a vécu en Angleterre pendant l'ère victorienne. Il était célèbre en raison de la difformité extrême de son corps, et fut un cas étudié par la médecine britannique. Dans la biographie que Frederick Treves lui consacra en 1923 : L'Homme Éléphant et autres souvenirs, il est prénommé John à la suite d'une erreur de l'auteur
                                                                  Franck Lantini


"Ne sommes-nous pas, comme le fond des mers, peuplés de monstres insolites ?" (Diderot)


                                                    Les siamoises Violetta et Daisy Hilton
Violetta et Daisy Hilton étaient deux jolies siamoises. Elles furent vendues par leur mère à une personne nommée Hilton. Après leur prestation dans "Freaks", elles gagnaient plus de 5000 $ par semaine. Véritables dévoreuses d'hommes, leurs aventures furent souvent la une des journaux. Elles moururent de la grippe en 1969 complètement ruinées depuis déjà de nombreuses années.

"Tant qu'il y aura des hommes, le monstre du mal ne sera jamais dompté."



"J'étais un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets." (Jean-Paul Sartre)

Chez Barnum


" Nous sommes le monstre d'humanité car nous avons déclaré combat à la nature."

"Quelle chimère est-ce donc que l'homme? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige!"  (Blaise Pascal)


" Quand les gens vous prennent pour un monstre, il n'y a qu'une chose à faire : dépasser leurs attentes."



"Un homme sans enfantillage est un monstre."(Henry de Montherlant)

" On est toujours le monstre de quelqu'un."


mercredi 5 janvier 2011

"La femme à barbe" sur un poème érotique de Maupassant.


                                        
Jusepe de Ribera (1591-1652) a peint cette toile (La mujer barbuda) vers 1629-1631 (elle est exposée à Tolède en Espagne).  Il s'agit d'une commande du duc d'Alcala, qui souhaitait que le peintre travaille sur "une merveille de la nature".


Annie Jones nait en 1865 dans l'état de Virginie aux Etats-Unis


A neuf mois, elle est déjà dotée d'une pilosité exceptionnelle et est placée comme phénomène de foire chez Barnum par ses parents, elle est alors surnommée "L'enfant d'Esaü". A cinq ans elle a de la moustaches et des pattes, et elle est abondamment photographiée.


Elle sera kidnappée par un homme qui prétendra être son père. L'affaire se termina au tribunal, la jeune Annie ne reconnaissant pas cette personne. Cet événement lui procura une publicité inattendue



Clémentine Delait (1865 -1939), la plus célèbre ou du moins celle qui a sû vendre son image au mieux!
«J'avais une barbe magnifique, frisée, fournie qui s'épanouissait en double panache » «Comment ma barbe m'a poussé, je l'ignore ? Mais je peux vous assurer qu'à 18 ans, ma lèvre supérieure s'agrémentait déjà d'un duvet prometteur qui soulignait agréablement mon teint de brune » (Clémentine Delait)
Joséphine Clofullia-Boisdechêne (1831-1875)



L'hypertrichose est le symptôme d'un dérèglement hormonal qui se manifeste dans le cas qui nous préoccupe par une pilosité envahissante sur une partie du corps.
                                                         Baronne Sidonia de Barcsy
Dans certains cas, le sujet est dans l’obligation de se raser plusieurs fois par jour. Dans notre société où le poil féminin est un ennemi à abattre, cet excès de pilosité est un véritable handicap social et professionnel, plusieurs de ces femmes n'ont pas eu d'autres choix que de s'exhiber dans des attractions foraines.

                                                                            Delina Rossa
La femme à barbe, poésie érotique de Guy Maupassant

Quand le vilain paillasse eut finit sa parade

J'entrais, je vis alors debout sur une estrade

Une fille très grande en de pompeux atours

Que des gouttes de suif tâchaient comme des larmes

Raide ainsi qu'un soldat qui présente les armes

Elle avait le nez fort et courbé des vautours

Elle était pourtant jeune, une barbe imposante

Lui couvrait le menton, noire, épaisse et luisante



L'étonnement me prit puis je voulus savoir

Je l'invitais d'abord à dîner pour le soir

Elle y vint elle était habillée en jeune homme

Un frisson singulier me courut sur la peau

La fille était fort laide et cet homme assez beau

Moi je m'assis en face un peu timide et comme

Si j'allais me livrer à quelques accouplements

Monstrueux, je sentis me venir par moments



Regardant cette fille aux formes masculines

Un besoin tout nouveau de choses libertines

Des curiosités de plaisirs que l'on tait

Et des frissons de femme à l'approche du mâle

J'avais la gorge aride et mon cœur palpitait

Je me vis dans la glace et me trouvais très pâle

Ses malsaines ardeurs me troublaient malgré moi

Elle but comme un homme et se grisa de même



Et puis jetant ses bras à mon cou, "Viens je t'aime !

Mon gros chéri", dit-elle, allons-nous en chez toi

A peine fûmes-nous arrivé dans ma chambre

Elle ouvrit ma culotte et caressa mon membre

Puis se déshabilla très vite et deux boutons

D'une chair noire et sèche indiquaient ses tétons

Elle était jeune, maigre, efflanquée et très haute

Sa carcasse montrait les creux de chaque côte



Pas de seins, pas de ventre, un homme avec un trou

Quand j'aperçus cela, je me dressais debout

Puis elle m'étreignit sur sa poitrine nue

Elle me terrassa d'une force inconnue

Me jeta sur le dos d'un mouvement brutal

M'enfourcha tout à coup comme on fait d'un cheval

Dans un vagin sec elle inséra ma pine

Sa grande barbe noire ombrageait sa poitrine



Son masque grimaçait d'une étrange façon

Et je crus que j'étais baisé par un garçon

Rapide, l'œil brillant, acharnée et féroce

Elle allait, elle allait me secouant très fort

Elle m'inocula sa jouissance atroce

Qui me crispas les os comme un spasme de mort

Et puis tordue avec des bonds d'épileptique

Sur ma bouche colla sa gueule de sapeur



D'où je sentis venir une chaude vapeur

De genièvre mêlée au parfum d'une chique

Pâmée, elle frottait sa barbe sur mon cou

Puis soudain redressant sa grande échine maigre

Elle se releva disant d'une voix aigre

"Nom de dieu que je viens de tirer un bon coup !"

mardi 4 janvier 2011

MAX ERNST

"Telle est la vocation de l'homme: se délivrer de sa cécité."(Max Ernst)




"C'est en se débarrassant de son opacité que l'univers se fond dans l'homme."(Max Ernst)




Max Ernst par Paul Eluard

    Dévoré par les plumes et soumis à la mer,
    Des oiseaux de la liberté
    Il a laissé passer son ombre dans le vol.
    Il a laissé
    La rampe à ceux qui tombent sous la pluie

    Il a laissé leur toit à tous ceux qui se vérifient.
    Son corps était en ordre,
    Le corps des autres est venu disperser
    Cette ordonnance qu’il tenait
    De la première empreinte de son sang sur terre.

    Ses yeux sont dans un mur
    Et son visage est leur lourde parure.
    Un mensonge de plus du jour,
    Une nuit de plus, il n’y a plus d’aveugles.


"La pratique du collage en peinture, initiée par Braque et Picasso puis généralisée par Max Ernst , a fait l’objet de relevés méticuleux de la part d’Aragon, très tôt attentif à ce débat capital pour l’art du XXe siècle, “qui était aussi mon débat, celui de l’intrusion de la réalité dans la représentation peinte”. Le collage formente un dialogue ou un choc entre deux composantes hétérogènes de l’œuvre ; il lui permet de souligner que le réalisme n’est pas cette représentation calme ou mimétique qu’on brocarde à l’envi, mais une interrogation portée sur les échelles de la figure et du discours, qui vont de l’expression-manifestation de la chose même (la présence réelle du papier-journal ou de la boîte d’allumettes sur la toile) jusqu’à leur figuration abstraite."

En 1966, il réalise un jeu d'échecs en verre sur un échiquier géant de cinq mètres de côté, qu'il baptise " "L’Immortel", une œuvre conçue sur les quarante-cinq déplacements de pièces d’une partie d’échecs.


Chaque coup offre une lecture nouvelle par le jeu des formes des pièces, tantôt s’opposant, tantôt offrant de nouvelles perspectives, tantôt créant des formes répétitives.
Sa création géante en verre, par les effets de transparence ou de miroir, transcende cette œuvre en multipliant à l’infini les angles de visions et les jeux de lumière.

Comme le dit si bien Verdet, le poète complice de Picasso:
« Le jeu d’échec de Max Ernst est devenu un chef d’œuvre d’ensorcelante magie, digne d’un palais maya ou de la demeure d’un pharaon. »
"On n'est pas certain de vivre dans le sens de celui qui nous est coutumier. Peut-être, dans ce cas, nos rêves ne sont-ils que des souvenirs."(Max Ernst)

"Le hasard est le maître de l'humour."(Max Ernst)

"L'identité sera convulsive ou ne sera pas."(Max Ernst)

lundi 3 janvier 2011

Cabinet de curiosités au château d'Embras - De Vlad Dracul à Gregor Baci

                                                     Death par Hans Leinberger, 1520
Sur les hauteurs d'Innsbruck, perché sur un rocher schisteux, trône l'impressionnant château renaissance d'Ambras.
Témoin  d'un passé prestigieux,  le château abrite les somptueuses collections d'art  créées par l'archiduc Ferdinand II.

Arrêtons-nous plus précisément au Cabinet de Curiosité (Wunderkammer).


Requin empaillé, manteau de plumes, bouclier et couronne de Montezuma, salière due à Benvenuto Cellini, corde avec laquelle Judas se pendit, squelette d'un des innocents massacrés à Béthléem, pierres brutes et sculptées, porcelaines de Chines, nef automate avec horloge, tableau de l'école d'Arcimboldo, bois de cerf à vingt-quatre ramifications pris dans le tronc de chêne à l'intérieur duquel la tête de l'animal demeura emprisonnée, jeux de cartes et d'échecs pour géants, instruments scientifiques, branches de coraux assemblées pour composer une scène ou aux allures naturellement fantastique, etc..sans parler des monnaies, manuscrits et livres rares.

Parmi les objets d'intérêt médical on peut observer un intérêt tout particulier pour ceux qui sont utilisé sur les nains ou les géants.

Vous pouvez également apercevoir l'armure du nain de la cour Thomerle, le petit Thomas, cotoyant celle du géant Giovanni Bona (vers 1580) et pesant quelques cent kilos, est également présent leur portrait.

Dans ce château sommeille depuis 400 ans,le célèbre portrait datant du XVème siècle, du Prince valaque Vlad Drakul Tepes dit l'Empaleur.

Voici le portrait de  Gregor Baci (XVIe), le crâne transpercé par une lance au cours d'un tournoi.
L'arme pénétra dans l'oeil droit et ressortit par la nuque, il fit couper la lance en avant et en arrière et vécut ainsi pendant un an.

Petrus Gonsalvus est lui atteint d’hypertrichose, symptôme d'un dérèglement hormonal qui se manifeste, chez l'homme ou la femme, par une pilosité envahissante sur une partie du corps ou sa totalité.

Autre difformité, le personnage est supposé être un bouffon.


dimanche 2 janvier 2011

"Skeleton Sketches" ou les calendriers Antikamnia


Humour noir et squelettes sont à l'honneur sur les calendriers édités de 1897 à 1901 par Antikamnia Chemical Cie, firme pharmaceutique très connue qui était située à Saint-Louis dans le Missouri.

Les illustrations ont été réalisées par Louis Crucius, lui-même étudiant en pharmacie.