vendredi 11 juillet 2014

Ai-apaec le Dieu vampire et décapiteur de la culture Moche

Détail d'un objet trouvé dans la tombe d'un grand-Prêtre

La culture moche (parfois appelée mochica) est une culture précolombienne qui s'est étendue tout au long de la côte nord péruvienne, à peu près entre l'an 100 et l'an 700 après J.C. Elle était contemporaine de la culture Nazca qui occupait la côte sud péruvienne, se situant chronologiquement entre l'ère Chavín (horizon ancien) et l'ère Chimú.

La céramique mochica, une des plus belles du Pérou préhispanique, puise son inspiration dans le monde naturel et représente, par le modelage ou la peinture, dans une gamme exclusivement bichrome (brun-rouge et crème), l'environnement — paysages, animaux, plantes — et les hommes dans leurs diverses activités. Cependant, la liberté d'expression et l'apparente banalité des images masquent un système iconographique à caractère religieux, étroitement codifié et consacré à une gamme réduite de sujets, à tel point que l'on a pu parler d'un véritable « langage », sorte de vocabulaire esthétique soumis à une syntaxe précise. Aux reproductions de l'univers réel se mêlent des créatures hybrides combinant des traits humains zoomorphes et phytomorphes.

Ai-apaec

Le centre religieux était la huaca de la Luna, où les prêtres et le seigneur effectuaient toutes sortes de cérémonies. Le principal dieu se nommait Ai-apaec, Créateur mais aussi "décapiteur" (El Degollador en espagnol), que l'on trouve représenté sur de nombreuses céramiques et fresques de temples. Étrangement certains Dieux sont dépeints comme étant des vampires, d'autres prennent la forme d'une araignée, ou encore d'une créature ailée ou d'un monstre marin. Lorsque le corps est entièrement représenté, on le voit toujours tenant dans une main un couteau, et de l'autre une tête tenue par les cheveux. On pense qu'il s'agit d'allusions à des rituels de sacrifices humains pratiqués sur la huaca de la Luna. La réalité de ces sacrifices ne fait pas de doute, de nombreux ossements humains ayant été découverts au sommet de la huaca de la Luna.

Sur ce vase, un extrait de  la  “cérémonie du sacrifice “ Le personnage principal reçoit en offrande la coupe de sang.

Un autel sacrificiel de la culture mochica découvert aux environs de Trujillo

« L’autel donne sur un abîme, ce qui correspond aux représentations que les Mochicas faisaient sur leurs céramiques où ils mettaient en scène des décapitations avec des têtes tombant dans les précipices », a précisé Régulo Franco.
« Les cultures mochicas adoraient le Dieu de la montagne et apparemment les sacrifices se réalisaient durant le solstice d’été, au moment où l’eau descend de la montagne pour arroser les terres de culture ».








jeudi 10 juillet 2014

Momies grimaçantes et chevelues du cimetière Nazca de Chauchilla



Le cimetière de Chauchilla est situé à trente kilomètres au sud de la ville de Nazca au Pérou.

La civilisation Nazca est une civilisation pré-incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 après J.-C. Elle est surtout connue pour ses géoglyphes, d’immenses lignes et figures tracées dans le désert proche de la ville actuelle de Nazca, ses aqueducs et par ses céramiques polychromes à motifs zoomorphes.

Cette civilisation inventa de nombreux métiers, innova dans l'art.
La céramique est fine, colorées (près de 16 différentes). Les tisserands utilisent le coton, la laine de lama et de vigogne. Certaines étoffes mêlent des cheveux humains à des fibres végétales, d’autres associent le coton et les plumes de la forêt tropicale.

La nécropole de Chauchilla abrite, quant à elle, les tombes de la culture pré-inca icachincha.
La civilisation icachincha s’est développée en même temps que celle de Nazca entre 200 et 800 après JC et se serait éteinte autour de 1400 avec l’empire inca. Il y a peu d’informations sur cette civilisation qui a laissé très peu d’objets et aucun édifice construit. On sait seulement qu’elle a connu un essor remarquable grâce au commerce.


La découverte du cimetière date des années 1920. Il n'a pas été employé depuis le 9ème siècle, par contre, il aurait été utilisé dés 200 ans après JC sur une période de plus de 600 ans.

Les momies sont particulièrement impressionnantes grâce à leur état de conservation , la secheresse, la qualité du sol et les rites d'embaumements ont contribués à la préservation des défunts.
Après avoir retirés les organes, on lavait l'intérieur du corps à l’aide d’une solution saline aidant à la conservation, on le bourrait de coton et on lui coupait les tendons afin de lui faire prendre la position adéquate. Les défunts étaient habillés de vêtements de coton brodés, ensuite, ils étaient embaumés dans une couche de résine.

Enfin, on enterrait la momie dans une tombe particulière construite de briques de boue, celle-ci était décorée à l’aide des différents objets appartenant au mort (essentiellement tissus et céramiques), on refermait le tombeau d’un toit de bois avant de recouvrir le tout de terre.

Ces textiles additionnés de résine ont contribués à maintenir les insectes à distance tout en limitant la vitesse de propagation des bactéries.



De nombreux visiteurs ont été étonnés de la longueur des cheveux et des nattes de ces momies, plusieurs dizaines de centimètres (jusqu'à deux mètres pour certaines) auréolent certains crânes.
On remarque dès lors que contrairement à d'autres civilisations,  la femme avait une grande importance dans cette société, tout comme les Nazca qui rendaient hommage à leurs nobles en pratiquant la momification, surtout sur les femmes


Malheureusement, on estime que 90 % des tombes ont été pillées par les "huaqueros" pilleurs de tombes.

De curieuses histoires circulent sur le cimetière, on y verrait des lumières, le lieux serait hantés....espérons surtout qu'il ne soit pas "hanté" par de nouveaux pilleurs de tombes !












jeudi 3 juillet 2014

Sacrum commercium par Sylwia Makris


Sylwia Makris est née en 1973 à Gdynia, en Pologne. Elle a travaillé comme sculptrice avant de trouver sa voie dans la photographie en 2007. Aujourd'hui, elle vit et travaille à Munich en tant que photographe indépendant.

Voici quelques portraits de sa série Sacrum commercium


Le portrait par Charles Baudelaire

La Maladie et la Mort font des cendres 
De tout le feu qui pour nous flamboya. 
De ces grands yeux si fervents et si tendres, 
De cette bouche où mon coeur se noya,

De ces baisers puissants comme un dictame,
De ces transports plus vifs que des rayons, 
Que reste-t-il ? C'est affreux, ô mon âme ! 
Rien qu'un dessin fort pâle, aux trois crayons,

Qui, comme moi, meurt dans la solitude, 
Et que le Temps, injurieux vieillard, 
Chaque jour frotte avec son aile rude...

Noir assassin de la Vie et de l'Art, 
Tu ne tueras jamais dans ma mémoire 
Celle qui fut mon plaisir et ma gloire !