dimanche 12 décembre 2010

Le Strigoï, illustré par les Rêveries Fantastiques de Joseph Apoux



La Croix abandonnée ou Le Strigoï (vampire).
Illustrations de l'ouvrage "Rêveries Fantastiques", par Joseph Apoux, publié chez Rene Pincebourde en 1880.

Extrait de Les Doïnas, poésies moldaves de Vasile Alecsandri, traduites du roumain par J. -E. Voïnesco, Paris : Imprimerie de De Soye et Bouchet, 1853.

Vasile Alecsandri, né le 21 juillet 1821 à Bacau (Roumanie, ancienne Moldavie), mort le 22 août 1890 à Mircesti, est un poète, dramaturge, folkloriste, diplomate et homme politique roumain. Il est considéré comme le créateur du théâtre et de la littérature en Roumanie, après avoir été une personnalité marquante de la Moldavie dont il a soutenu l'union avec la Valachie.


Au fond de ce vaste précipice où le vent en fureur souffle éternellement, vois-tu une croix abandonnée qui est sans cesse agitée par la rafale ?

L’herbe ne croît pas tout autour, et jamais aucun oiseau n’arrête son vol pour se poser à son sommet, car on entend sous terre gémir en tout temps une voix lamentable, une voix effrayante !

Là-bas, pendant l’obscurité de la nuit, on voit des milliers de feux follets luire et voltiger mystérieusement, et tout à coup, à leurs pâles lueurs, apparaît un fantôme qui blasphème.

Voyageur infortuné, fuis loin de ce sentier maudit si ton cheval est de race, car sous la croix de cette tombe où la paix ne descend jamais, gît un vampire solitaire !

Jadis, par une nuit obscure, de doux chuchotements d’amour flottaient mystérieusement dans l’air ; deux ombres tendrement embrassées erraient dans la vallée et parlaient d’amour éternel.

Tandis que sur la colline lointaine on voyait à peine se mouvoir, aux pâles reflets des étoiles, un blanc coursier enfanté par le vent, sa crinière était tout hérissée, et ses sabots légers marquaient des traces sur le sol.

« Ne pars pas, non, mon ami, disait la tendre jeune fille d’une voix émue et les yeux pleins de larmes. Oh ! je t’en conjure au nom de la Sainte-Croix, reste auprès de moi, mon bien-aimé ; ne t’éloigne pas !... » Mais le jeune homme ne répondit pas...

Il prit sa maîtresse dans ses bras, la pressa ardemment sur son cœur, lui donna un doux baiser, puis s’éloignant rapidement et s’élançant avec joie sur son coursier de guerre... il disparut dans l’obscurité.

Qui ose courir ainsi au sein de la nuit comme un esprit de tempête ? qui fuit ainsi, à la douzième heure nocturne ? C’est un cheval blanc avec son maître.

Le vent souffle et gémit, le cheval s’élance bravement et dépasse le vent dans sa course... Mais voici, voici qu’à travers les vapeurs de la plaine apparaissent tout à coup des milliers de feux follets.

Ces lueurs trompeuses volent et s’éteignent ; le cheval vole également et les poursuit ; mais à chaque pas, il approche rapidement du précipice... Arrête, arrête !... Du haut des rochers ils tombent ensemble, cheval et cavalier, dans le gouffre immense !...

Et depuis, on entend au fond de ce gouffre des gémissements et des blasphèmes impies que le vent de la nuit emporte ; et depuis il apparaît souvent un fantôme horrible qui sort du tombeau.

samedi 11 décembre 2010

Vagues d'ovnis ou ovnis vagues ?


Fresque du 17ème siècle dans la Cathédrale Svetishoveli située dans laville de Mtskheta en Géorgie. Observez les deux soucoupes sur les côtés du Christ.

"Les OVNI sont des hallucinations collectives provoquées par des extraterrestres." (Jacques Bergier)

Deux tapisseries qui proviennent de la Basilique Notre-Dame de Beaune en Bourgogne, elles datent du XIVème siècle.


"La crucifixion", fresque réalisée en  1350 au Kosovo,  dans le monastère Visoki Decani.
Ci-dessous en gros plan.

"Je n'ai absolument aucune idée de l'origine des OVNIS, ou de qui les manoeuvrent, mais après des années de recherches, je sais qu'ils viennent d'au delà de notre atmosphère."
(Dr. James E. McDonald, Professeur de Physique Atmosphérique, Université de l'Arizona, 1967

Le Baptême du Christ par Aert De Gelder, 1710 (Fitzwilliam Museum, Cambridge)

"La preuve qu'il y a des êtres intelligents ailleurs que sur Terre est qu'ils n'ont pas essayé de nous contacter." (Bill Watterson)

Filippo Lippi ( 1406-1469 ),"La Vierge et Saint-Jean enfant", conservé au Palazzo Vecchio, remarquez qu'un homme (à l’arrière plan à droite) et son chien observent attentivement un objet sombre..


L'Annonciation" de 1496 est conservé à la Galerie Nationale de Londres, Carlo Crivelli (1430-1496) l'Ange Gabliel est remplacé par un "OVNI" qui semble communiquer avec la vierge.



Château de Conti Dotremond en Belgique.
 Moïse reçoit les tablettes, il y a plusieurs objets dans le ciel. Date et artiste inconnu


Des artistes sumériens ont sculpté ces statuettes d'environ 14 centimètres, au corps d'humanoïdes mais à tête étrange.
Ces statuettes sont exposées au musée de Bagdad et date de 4000 ans avant J.C

On ne peut nier la nature reptilienne de la statuette ci-dessous, dont le sosie auraient aurait sa place parmi les créatures lovecratiennes.
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jeudi 9 décembre 2010

Man Ray illustre les quelques mots interdits de Paul Eluard

André Breton 

"Quelques-uns des mots qui, jusqu'ici, m'étaient mystérieusement interdits" (à André Breton), par Paul Eluard, illustré par Man Ray.

Paul Eluard

Le mot cimetière
Aux autres de rêver d'un cimetière ardent
Le mot maisonnette
On le trouve souvent
Dans les annonces des journaux dans les chansons
Il a des rides c'est un vieillard travesti
Il a un dé au doigt c'est un perroquet mûr

Marcel Duchamp déguisé en Rose Selavy

Pétrole
Connu par des exemples précieux
Aux mains des incendies


Neurasthénie un mot qui n'a pas honte
Une ombre de cassis entre deux yeux pareils


Le mot créole tout en liège sur du satin


Le mot baignoire qui est traîné
Par des chevaux parfaits plus laids que des béquilles


Sous la lampe ce soir charmille est un prénom
Et maîtrise un tiroir où tout s'immobilise


Fileuse mot fondant hamac treille pillée


Olivier cheminée au tambour de lueurs
Le clavier des troupeaux s'assourdit dans la plaine


Forteresse malice vaine

Vénéneux rideau d'acajou
Primat de la Matière sur la Pensée


Guéridon grimace élastique


Cognée erreur jouée aux dés


Voyelle timbre immense
Sanglot d'étain rire de bonne terre


Le mot déclic viol lumineux
Éphémère azur dans les veines


Le mot bolide géranium à la fenêtre ouverte
Sur un coeur battant
Mary Reynolds et Marcel Duchamp


Le mot carrure bloc d'ivoire
Pain pétrifié plumes mouillées


Le mot déjouer alcool flétri
Palier sans portes mort lyrique


Le mot garçon comme un îlot
Myrtille lave galon cigare
Léthargie bleuet cirque fusion
Combien reste-t-il de ces mots
Qui ne me menaient à rien
Mots merveilleux comme les autres
Ô mon empire d'homme
Mots que j'écris ici


Contre toute évidence
Avec le grand souci
De tout dire.

mercredi 8 décembre 2010

Le Galant Tireur ou l'histoire d'une Poupée, par Baudelaire


LE GALANT TIREUR, une histoire de Poupée, par Charles Baudelaire

Comme la voiture traversait le bois, il la fit arrêter dans le voisinage d’un tir, disant qu’il lui serait agréable de tirer quelques balles pour tuer le Temps.

Tuer ce monstre-là, n’est-ce pas l’occupation la plus ordinaire et la plus légitime de chacun ? — Et il offrit galamment la main à sa chère, délicieuse et exécrable femme, à cette mystérieuse femme à laquelle il doit tant de plaisirs, tant de douleurs, et peut-être aussi une grande partie de son génie.

Plusieurs balles frappèrent loin du but proposé ; l’une d’elles s’enfonça même dans le plafond ; et comme la charmante créature riait follement, se moquant de la maladresse de son époux, celui-ci se tourna brusquement vers elle, et lui dit : « Observez cette poupée, là-bas, à droite, qui porte le nez en l’air et qui a la mine si hautaine. Eh bien ! cher ange, je me figure que c’est vous ». Et il ferma les yeux et il lâcha la détente. La poupée fut nettement décapitée.

Alors s’inclinant vers sa chère, sa délicieuse, son exécrable femme, son inévitable et impitoyable Muse, et lui baisant respectueusement la main, il ajouta : « Ah ! mon cher ange, combien je vous remercie de mon adresse ! »


Bénie soit la providence qui a donné à chacun un joujou : la poupée de l'enfant à la femme, la femme à l'homme, et l'homme au diable.(Victor Hugo)

Les petite filles aiment les poupées Les petits garçons aiment les soldats Les grandes filles aiment les soldats Les grands garçons aiment les poupées.

La téléréalité est à la vie réelle ce que la poupée gonflable est à l'amour: un simulacre inventé par des marchands à l'usage des esseulés.(Philippe Bouvard)


"Parez le roseau, il devient poupée.", nous dit un ancien proverbe égyptien.

dimanche 5 décembre 2010

Histoire et chronologie du Nécronomicon par Howard Phillips Lovecraft

                                                              Richard Allen Poppe

Howard Phillips Lovecraft; "Histoire et chronologie du Nécronomicon", version annotée.
"History and Chronology of the Necronomicon", 1927

                                                                 Richard Allen Poppe

Titre original Al Azif — azif étant le mot utilisé par les Arabes pour désigner ce bruit nocturne (fait par les insectes) que l’on suppose être le mugissement de démons.
Composé par Abdul Alhazred, un poète fou de Sanaá, au Yémen, dont on dit qu’il fleurissait à l’époque des califes Omeyyades, vers 700 ap. J.C. Il visita les ruines de Babylone et les souterrains secrets de Memphis, et passa dix ans seul dans le grand désert au sud de l’Arabie – le Rub al-Khali ou « Espace Vide » des anciens arabes – et le désert « Dahna » ou « Cramoisi » des arabes modernes, que l’on croit peuplé d’esprits protecteurs maléfiques et de monstres de mort.


Sur ce désert, bien des merveilles étranges et incroyables sont racontées par ceux qui prétendent y avoir pénétré. Dans ses dernières années, Alhazred vécut à Damas, où le Nécronomicon (Al Azif) a été écrit, et sur sa mort définitive ou sa disparition (738 ap. J.C.), bien des choses abominables et contradictoires ont été racontées. Ibn Khallikan (biographe du XIIeme siècle) dit qu’il fut saisi en plein jour par un monstre invisible et horriblement dévoré devant un grand nombre de témoins glacés d’effroi. Sur sa folie, on raconte beaucoup de choses.


Il prétendait avoir vu la fabuleuse Irem, la Cité des Piliers, et avoir trouvé sous les ruines d’une certaine ville sans nom du désert les annales bouleversantes et les secrets d’une race plus vieille que l’humanité. Il fut un musulman peu fervent et vénérait des entités inconnues qu’il appelait Yog-Sothoth et Cthulhu.


En 950 ap. J.C., l’Azif, qui avait atteint une diffusion considérable, bien que clandestine, parmi les philosophes de ce temps, fut traduit secrètement en grec par Théodore Philétas de Constantinople, sous le titre de Nécronomicon. Pendant un siècle, il poussa certains expérimentateurs à d’abominables essais, quand il fut interdit et brulé par le patriarche Michel.


Après cela, on n’en entend plus parler que furtivement, mais Olaus Wormius (1228) fit une traduction latine au bas Moyen-Âge, et le texte latin fut imprimé deux fois – au XVeme siècle en lettres gothiques (à l’évidence en Allemagne), et au XVIIeme siècle (probabl. Espagne) – ces deux éditions étant dépourvues de signes d’identification et n’étant localisées dans le temps et l’espace que par des preuves typographiques internes. L’œuvre, en latin comme en grec, fut interdite par le pape Grégoire IX en 1232, peu après la traduction latine qui attira l’attention sur elle. L’original arabe était perdu dès le temps de Wormius, comme l’indique sa note liminaire ; et nulle apparition de la copie grecque – qui fut imprimée en Italie entre 1500 et 1550 – n’a été signalée depuis l’incendie de la bibliothèque d’un certain homme de Salem en 1692.

Une traduction anglaise, faite par le Dr. Dee, ne fut jamais imprimée et n’existe qu’à l’état de fragments récupérés à partir du manuscrit original. Sur les textes latins qui existent aujourd’hui, on sait que l’un (XVeme siècle) est sous clefs au British Museum, tandis que l’autre (XVIIeme siècle) est à la Bibliothèque Nationale à Paris. Une édition du XVIIeme siècle est à la bibliothèque Widener de Havard, et une à la bibliothèque de l’Université de Miskatonic d’Arkham. Également à la bibliothèque de l’Université de Buenos Aires.


Il existe probablement de nombreuses autres copies secrètes et, selon une rumeur persistante, une copie du XVeme siècle fait partie de la collection d’un célèbre millionnaire américain. Une rumeur encore plus vague accrédite la préservation d’un texte grec du XVIeme siècle dans la famille Pickman de Salem ; mais s’il a été préservé, il s’est volatilisé avec l’artiste R. U. Pickman qui a disparu au début de l’année 1926.


Le livre est rigoureusement interdit par les autorités de la plupart des pays et par toutes les branches ecclésiastiques organisées. Le lire conduit à d’abominables conséquences. C’est de rumeurs sur ce livre (dont relativement peu de personnes ont connaissance dans le grand public) que Robert W. Chambers aurait tiré l’idée de son roman The King in Yellow.

Richard Allen Poppe

Chronologie
• Al Azif écrit vers 730 ap. J.C. à Damas par Abdul Alhazred
• Trad. en grec en 950 ap. J.C. en tant que Nécronomicon par Théodore Philétas
• Brulé par le patriarche Michel en 1050 (i.e. le texte grec). Le texte arabe est perdu
• Olaus traduit du gr. au Latin en 1228
• 1232 : éd. latine (et gr.) interd. par le pape Grégoire IX
• 14... édition imprimée en lettres gothiques (Allemagne)
• 15... texte gr. imprimé en Italie
• 16... réimpression espagnole du texte latin