dimanche 28 décembre 2025

La Crypte de l'Eglise des Capucins à Rome


L'église Santa Maria della Concezione dei Cappuccini (Notre-Dame de la Conception des Capucins mieux connue sous le nom de Nostra Signora della Concezione,) est une église romaine située au no 27, via Veneto, près de la piazza Barberini.

La crypte a été transformée en œuvre d'art vers la moitié du XVIIIe siècle et a subi des modifications jusqu'en 1870. Elle se compose de cinq chapelles décorées et d'une sixième sans ossements destinée au rite et au recueillement. À l'entrée, une inscription vous accueille en ces termes :

« Comme vous nous étions; comme nous vous serez. »

Utilisée comme ossuaire, la crypte contient les restes d'environ 4 000 frères capucins recueillis entre 1528 et 1870, car l'Église catholique romaine permettait alors les sépultures dans les églises et sous elles. Les parois sont décorées de motifs ornementaux élaborés à partir des restes humains et forment une décoration macabre de style baroque. Certains squelettes vêtus du froc de capucin sont disposés dans des postures monacales.










mardi 2 décembre 2025

Gruss Vom Krampus


Gruss Vom Krampus

Le "Krampuslauf" est une ancienne tradition alpine de plus de 500 ans (à prédominance autrichienne), elle fut développée sur base de vieilles traditions païennes.
La figure de Krampus est assimilée à Loki, dieu fripon et rusé de la mythologie nordique, souvent représenté avec de longues cornes.

La tradition de Krampus fut interdite et punie par la peine de mort sous l'Inquisition, il était alors interdit de se déguiser en personnage satanique, elle perdura néamoins grâce au fait qu'elle fut pratiquée en hiver, souvent dans des endroits difficiles d'accès.

Krampus est une créature mythique d'apparence diabolique qui accompagne Saint-Nicolas dans différentes régions du monde à l'époque de Noël. Le mot Krampus provient du vieux mot haut-allemand pour griffes (Krampen). Dans les régions alpines, Krampus est représenté comme une créature démoniaque qui accompagne Saint-Nicolas.

Il agit en relation avec ce dernier, Saint Nicolas donnant des cadeaux aux enfants sages, alors que Krampus donne des avertissements et des punitions aux mauvais enfants. Traditionnellement, les jeunes hommes se déguisent en Krampus durant les deux premières semaines de décembre, en particulier dans la soirée du 5 décembre, et les enfants parcourent les rues en effrayant les femmes avec des chaînes et des cloches.

Les costumes modernes de Krampus pèsent environ 10 kg, ils se composent de masque en bois sculpté, de peau de mouton ou de chèvre et de cornes de chèvre ou de bétail. La fabrication des masques à la main représente un effort considérable si l'on sait qu'il faut pratiquement une année afin de terminer un tel costume.












En attendant Saint-Nicolas...(photos de Klaus Pichler)

























mercredi 19 novembre 2025

Jacobus de Teramo – Litigatio Christi cum Belial, Strasbourg, 1461


 Jacobus de TeramoLitigatio Christi cum Belial, Strasbourg, 1461

La Litigatio Christi cum Belial est l’un des textes les plus singuliers et fascinants de la littérature théologique et juridique de la fin du Moyen Âge. Rédigé par Jacobus de Teramo (ou Giacomo da Teramo), un juriste et ecclésiastique italien du XIVᵉ siècle, l’ouvrage se présente comme une dispute judiciaire métaphorique entre le Christ et Belial, figure démoniaque représentant les forces du Mal.

Un procès cosmique

Le texte met en scène un véritable procès tenu devant un tribunal céleste.

  • Le Christ, incarnant la Justice divine et la Rédemption, est le plaignant.

  • Belial, archétype du chaos et de la tromperie, représente les droits supposés du Démon sur l’humanité.

L’œuvre reprend les formes du droit canonique et civil : présentation des arguments, citations de lois, interventions d’avocats célestes… Ce procédé permet à Jacobus de Teramo d'exposer, sous une forme vivante et parfois ironique, les grandes questions théologiques du Salut et de la lutte entre Bien et Mal.

L’édition de Strasbourg (1461)

L’impression de Strasbourg, datée de 1461, est particulièrement importante.
Elle se situe parmi les premières décennies de l’imprimerie européenne et témoigne de la popularité durable de ce texte, largement diffusé dès la fin du Moyen Âge. Les éditions strasbourgeoises se distinguent souvent par leurs ornements gothiques, leurs lettrines et, dans certains exemplaires, par des illustrations montrant la confrontation symbolique du Christ et du Démon.

Cette édition contribue à fixer la Litigatio comme un classique des “procès allégoriques” médiévaux, un genre où se mêlent religion, satire, droit et mystique.

Une œuvre entre théologie, dramaturgie et ésotérisme

La force du texte réside dans sa capacité à convoquer différents registres :

  • théologique, en exposant le dogme chrétien de la Rédemption ;

  • juridique, en utilisant les codes du procès médiéval ;

  • symbolique, par la représentation dramatique de l’affrontement entre lumière et ténèbres.

Cette dimension symbolique lui vaut une réception durable dans les milieux érudits, ésotériques et iconographiques, où l’œuvre est parfois interprétée comme une allégorie initiatique de l’âme humaine confrontée à ses propres forces d’ombre.









mardi 11 novembre 2025

Fisk et le cercueil d’éternité : une invention contre la décomposition


 Le « cercueil métallique » de Fisk : l’invention qui voulait vaincre la mort

Au XIXᵉ siècle, alors que les épidémies et la peur de la putréfaction hantent les esprits, un inventeur américain du nom de Almon Brown Strowger Fisk imagine une solution révolutionnaire : un cercueil hermétique en métal, censé préserver les corps de la décomposition et leur conférer une forme d’éternité.


Fabriqué en cuivre ou en zinc, moulé pour épouser la forme du défunt, le « cercueil métallique de Fisk » se refermait grâce à un système de joints et de vis garantissant une étanchéité presque totale. Il pouvait même être muni d’une vitre ovale, permettant de contempler le visage du disparu sans briser le sceau.

Cette innovation fascinait autant qu’elle troublait : entre symbole de progrès scientifique et fantasme d’immortalité, elle soulevait de nombreuses questions sur la place du corps après la mort.


Utilisé notamment durant les épidémies de choléra et pour le rapatriement de dépouilles, le cercueil de Fisk était réservé aux familles aisées, séduites par sa promesse de conservation éternelle. Aujourd’hui, il est devenu un objet de collection rare, à la croisée de l’histoire funéraire et de l’imaginaire gothique — un témoignage étrange du XIXᵉ siècle, où science et spiritualité cherchaient ensemble à repousser les limites de la mort.