vendredi 6 mars 2009

ANDRE BRETON





ANDRE BRETON - Le Verbe ETRE

Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer. C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre. Ce n'est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire. C'est un bateau criblé de neige, si vous voulez, comme les oiseaux qui tombent et leur sang n'a pas la moindre épaisseur. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Une forme très petite, délimitée par un bijou de cheveux. C'est le désespoir. Un collier de perles pour lequel on ne saurait trouver de fermoir et dont l'existence ne tient pas même à un fil, voilà le désespoir. Le reste, nous n'en parlons pas. Nous n'avons pas fini de deséspérer, si nous commençons. Moi je désespère de l'abat-jour vers quatre heures, je désespère de l'éventail vers minuit, je désespère de la cigarette des condamnés. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas de coeur, la main reste toujours au désespoir hors d'haleine, au désespoir dont les glaces ne nous disent jamais s'il est mort. Je vis de ce désespoir qui m'enchante. J'aime cette mouche bleue qui vole dans le ciel à l'heure où les étoiles chantonnent. Je connais dans ses grandes lignes le désespoir aux longs étonnements grêles, le désespoir de la fierté, le désespoir de la colère. Je me lève chaque jour comme tout le monde et je détends les bras sur un papier à fleurs, je ne me souviens de rien, et c'est toujours avec désespoir que je découvre les beaux arbres déracinés de la nuit. L'air de la chambre est beau comme des baguettes de tambour. Il fait un temps de temps. Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. C'est comme le vent du rideau qui me tend la perche. A-t-on idée d'un désespoir pareil! Au feu! Ah! ils vont encore venir... Et les annonces de journal, et les réclames lumineuses le long du canal. Tas de sable, espèce de tas de sable! Dans ses grandes lignes le désespoir n'a pas d'importance. C'est une corvée d'arbres qui va encore faire une forêt, c'est une corvée d'étoiles qui va encore faire un jour de moins, c'est une corvée de jours de moins qui va encore faire ma vie.



"Ce n'est pas la crainte de la folie qui nous forcera à laisser en berne le drapeau de l'imagination." André Breton



"Errez, à vos côtés viendront se fixer les ailes de l'augure." André Breton

"C'est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous." Erasme

mercredi 4 mars 2009

LA KABBALE



LA KABBALE ou CABALE

Il s'agit du fondement de la connaissance ésotérique des Rabbins. Leur tradition raconte que Jehovah l'enseigna lui-même aux anges, qui l'enseignèrent à leur tour aux hommes, par Adam et les Patriarches.
Moïse sur le mont Sinaï, reçut l'explication de quelques clés supplémentaires. D'où les Lois essentielles : celle de Moïse, telle que l'a transmise le Pentateuque et qui est destinée au peuple, et la Kabbale, science secrète réservée aux Sages d'Israël.

La Kabbale se divise en trois sections principales : la Géomâtrie, la Notarique et la Thémura. Ces livres développent toutes les manières d'interpréter les noms par les nombres correspondant à chaque lettre qui les composent. Elle donne aussi une méthode d'interprétation par permutation des lettres, etc... Les textes qui composent la Kabbale sont d'ailleurs aussi nombreux que variés, ils ont été périodiquement perdus, retrouvés ou reconstitués et les plus certains sont parmi les plus anciens, le Sépher-Yetzirah, et par les plus récents le Zohar.
L'ensemble de la Kabbale contraste singulièrement avec le Talmud, rituel minutieux ne concernant que la pratique extérieure de la religion.



Les clefs d'interprétations de la Kabbale sont nombreuses (Sephiroth, Alphabet), elles deviennent même innombrables à partir du XIIIème siècle, date à laquelle apparut en Europe le Sépher-Yezirah et le Zohar (livre de la Création et livre de la Splendeur) par les soins d'Isaac l'Aveugle, juif français habitant à Pesquières, en Provence.

Après avoir fleuri en Espagne et dans toute l'Europe, , puis dans le Moyen-Orient, après s'être augmentée d'aditions sans nombre, elle donna lieu, aux XVème siècle, à la création d'un rituel magique par les soins d'Isaac Lorin, juif de Jérusalem. C'est à cette époque qu'on assigne le début de la Kabbale moderne.



Les alchimistes l'utilisent et l'enrichissent à leur tour et l'on cherche encore de nos jours, des sens supplémentaires à ses Arcanes arachnéens dans les oeuvres de Dante, de Raymond Lulle, de Pic de la Mirandole, d'Aggripa de Nettesheim, de Paracelse et de tous ceux qui s'expriment sans clarté.

jeudi 19 février 2009

ARISTOTE



Aristote a discuté les thèses philosophiques de son maître Platon et a développé les siennes propres dans le sens d'un réalisme philosophique qui prend en compte les informations fournies par les sens. Il s'est beaucoup intéressé aux sciences physiques, biologiques, astronomiques, politiques, poétiques, rhétoriques et éthiques. Il est également l'inventeur de la logique formelle, et le premier à parler d'une "science de l'être en tant qu'être" (la métaphysique).
Aristote a été l’un des premiers à procéder à des classifications hiérarchiques systématiques des connaissances et des concepts, s’inspirant peut-être des divisions utilisées pour l’organisation des armées (cette thèse serait à expliquer).

Sa philosophie se divise en trois parties ; cette division est remarquable, car elle diffère de la division habituellement reçue (logique, physique, éthique) : la philosophie théorétique, la philosophie pratique et la philosophie poïétique. La partie théorétique se divise à son tour en physique, mathématique et théologie ; la philosophie pratique en économique, éthique, politique et rhétorique; la poïétique comprend toutes les activités qui produisent une œuvre.



"L'investigation de la vérité est en un sens difficile et en un autre sens facile. Ce qui le prouve, c'est que nul ne peut l'atteindre adéquatement ni la manquer tout à fait.
Chaque philosophe trouve à dire quelque chose sur la Nature. En lui-même cet apport n'est rien sans doute ou peu de chose pour la vérité, mais l'assemblage de toutes les réflexions produit de féconds résultats.
Il est donc juste de nous montrer reconnaissants, non seulement pour ceux dont on peut partager les vues, mais encore pour ceux qui ont exprimé des vues plus superficielles:même ces derniers nous ont apporté leur contribution, car ils ont développé notre faculté de penser. (Aristote)"



"Il n'y a point de génie sans un grain de folie." (Aristote)



"Si l'invraisemblable arrive, c'est donc que ce qui est invraisemblable est vraisemblable." (Aristote)

vendredi 13 février 2009

MAURICE ROLLINAT





Notre-Dame la Mort
(Maurice Rollinat)



C’est l’éternelle Dame en blanc
Qui voit sans yeux et rit sans lèvres,
Cœurs de lions et cœurs de lièvres,
Chacun n’y songe qu’en tremblant.

Elle emmène de but en blanc
Les robustes comme les mièvres :
C’est l’éternelle Dame en blanc
Qui voit sans yeux et rit sans lèvres.

Nous avons beau faire semblant.
De gambader comme des chèvres :
Dans nos ivresses, dans nos fièvres,
Toujours passe un spectre troublant :
C’est l’éternelle Dame en blanc.

mardi 10 février 2009

MEDECINE - ANATOMIE



Planches de médecine de l'ouvrage "Feldbuch der Wundarzney", par Hans Von Gersdorff, dit Hans-Schyl (1455 - 1529), les illustrations sont attribuées à Hans Wechtlin.

Hans Von Gersdorff assure le service de santé aux campagnes de guerre contre Charles le Téméraire et pratique l’amputation notamment sur les victimes d’ergotisme.

Il fait paraître en 1517 chez l’éditeur strasbourgeois J. Schott son traité de chirurgie des camps Feldtbuch der Wundt Artzney considéré comme le meilleur ouvrage de chirurgie de l’époque comprenant de nombreuses notions anatomiques provenant principalement des oeuvres de Guy de Chauliac et offrant aussi le plus ancien lexique anatomique en allemand intitulé “Ein gemeyner handt Vocabularius, dienende zu der Anatomy”. L’ouvrage connaît un réel succès avec des rééditions en langue allemande à plusieurs reprises à Strasbourg et ensuite à Francfort, puis une traduction en latin sous le titre De chirurgia et corporis humani anatomia.








vendredi 6 février 2009

Arthur Rimbaud


Etoile filante de la poésie française, le nom d'Arthur Rimbaud continue de briller parmi les plus grandes lumières de la littérature. Elève précoce, il est remarqué par un professeur aux idées révolutionnaires, Georges Izambar, pour ses dons en latin et en rhétorique, mais aussi pour sa révolte et sa soif d'évasion. Ce dernier va initier le jeune homme à la poésie moderne et lui ouvrir les portes de sa bibliothèque. C'est le début de l'envol de Rimbaud qui, très vite, va choisir de se rendre à Paris. Vie d'errance et de débauche, c'est dans la capitale qu'il fait la rencontre de Verlaine, déjà fervent admirateur du jeune prodige. Naît alors une relation passionnée et tumultueuse qui deviendra légendaire, notamment à cause du fameux épisode de Bruxelles où Verlaine, brisé par la possibilité d'une rupture, blesse son amant par balle. C'est à cette époque que le jeune poète va écrire ses deux recueils majeurs, 'Les Illuminations' et 'Une saison en enfer'. Mise en vers du 'dérèglement des sens' prôné par le poète, l'oeuvre de Rimbaud s'attache à explorer les méandres de l'âme, de la perception, et de l'imaginaire, et contribue ainsi à bouleverser de manière profonde la poésie symboliste. En 1975, Arthur Rimbaud cesse d'écrire, part pour Londres, s'engage dans l'armée des Indes néerlandaises puis devient trafiquant d'armes, laissant derrière lui une oeuvre fulgurante et atemporelle.


Le Mal

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ;
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu'une folie épouvantable, broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ;
- Pauvres morts dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature, ô toi qui fis ces hommes saintement !... -

- Il est un Dieu qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or,
Qui dans le bercement des hosanna s'endort,

Et se réveille quand des mères, ramassées
Dans l'angoisse et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !