vendredi 30 novembre 2012

Lon Chaney l'homme aux mille visages

London After Midnight 

Né le jour du Poisson d'Avril en 1883, Leonidas Frank Chaney a eu une carrière brève mais incroyablement variée. 
Ce fils de parents sourds développa rapidement une compétence pour la pantomime, il fut l’un des acteurs les plus polyvalents et les plus impressionnants de l’aube du cinéma. On se souvient de lui surtout pour ses compositions de personnages torturés, souvent grotesques et affectés, ainsi que pour son talent novateur en ce qui concerne le maquillage de cinéma qui lui valu le surnom de « l’homme aux mille visages »,

En 1919, Chaney perça en jouant "the Frog" dans The Miracle Man, un film réalisé par George Loane Tucker. Le film ne donna pas seulement à Chaney l’occasion de faire montre de ses dons d’acteur, mais aussi d’apparaître comme un maître du maquillage. Une critique élogieuse et une recette de plus de 2 millions de dollars propulsèrent Chaney au rang de l’acteur de genre le plus important des États-Unis.

Parmi les films d’horreur muets les plus mémorables auxquels Chaney participa, on peut citer Notre-Dame de Paris et surtout Le Fantôme de l’opéra. .
Faisant preuve d’une faculté d’adaptation dans la spécialité qui était la sienne, il utilisa également des maquillages dans des films plus conventionnels, d’aventures et policiers, tels que Satan (The Penalty), dans lequel il jouait un gangster amputé. 
Il apparaît dans pas moins de dix films de Tod Browning, dans lesquels il interprète le plus souvent des personnages déguisés et/ou mutilés, dont le lanceur de couteaux de foire Alonzo the Armless dans L’Inconnu (1927), où il joue au côté de Joan Crawford.


Le Fantôme de l'Opéra



A l'Ouest de Zanzibar par Tod Browning, 1928

Le Bossu de Notre-Dame par Wallace Worsley, 1923

En 1927, Chaney fut le partenaire de Conrad Nagel, Marceline Day, Henry B. Walthall et Polly Moran dans un film aujourd’hui perdu, pourtant un classique du cinéma d’horreur, "London After Midnight", de Tod Browning, sans doute le plus célèbre des films perdus.
Son unique copie a brûlé dans les années 60 lors d’un incendie dans les studios de la MGM. Depuis, il était sur la liste des dix films disparus les plus recherchés par le célèbre American Film Institute. 

"London After Midnight" fut reconstitué à l'aide de photo d'images fixes grâce à Rick Schmidlin et à Michael F. Blake qui ont montés bout à bout plus de deux photos de plateau, pour une durée de 43 minutes, soit vingt minute de moins que le scénario original.

Quelques photos de London After Midnight (Londres après Minuit)

.



Le fils de Chaney, Lon Chaney, Jr., devint à son tour acteur de cinéma après la mort de son père, et se fit surtout remarquer dans des films d’horreur, et spécialement dans Le Loup-garou.

Lon Chaney JR. Le Fantôme de la Momie

Lon Chaney JR - Le Loup Garou

Oscar Wilde le Dandy Immortel



Oscar Wilde, de son nom complet Oscar Fingal O'Flahertie Wills Wilde, est  né à Dublin en Irlande le 16 octobre 1854 au 21 Westland Row , il est mort à Paris le 30 novembre 1900 à l'âge de 46 ans.

"Aujourd'hui les gens connaissent le prix de tout et la valeur de rien."(Le Portrait de Dorian Gray - Oscar Wilde)

Fils d'un chirurgien réputé et d'une femme de lettres engagée dans la lutte irlandaise, Oscar Wilde fait de brillantes études à l'université d'Oxford. Suite à sa rencontre avec John Ruskin, porte-parole du mouvement 'esthète', il adhère à ce courant artistique qui prône la recherche du 'beau', sans préoccupation morale ou sociale. Rédacteur en chef du magazine The Woman' s World, il prend fait et cause pour le féminisme. Installé à Londres, il choque la société mondaine par ses extravagances, son cynisme et ses pièces de théâtre sont souvent interdites de représentation.

Mais c'est son roman, 'Le Portrait de Dorian Gray', qui lui assure le succès. A l'heure où l'homosexualité est punie par la loi, la relation passionnée qu'il entretient avec Lord Alfred Douglas le conduit à purger deux années de travaux forcés. A sa sortie, c'est un homme brisé qui rejoint son amant en Italie. Enterré au Père Lachaise, Oscar Wilde reste une figure majeure de la littérature dont l'atmosphère singulière continue de provoquer l'admiration.

Oscar Wilde à New York, 1882, par Napoleon Sarony

Se rendant aux Etats-Unis pour une série de conférences, Oscar Wilde aurait lancé au douanier : 'Rien d'autre à déclarer que mon génie' !

«L'amour de soi est une idylle qui ne finit jamais.» Oscar Wilde

Dorian Gray est un jeune homme d''une extrême beauté. Son ami artiste peintre, Basil Hallward, est obsédé par cette dernière et en tire toute son inspiration. Sa fascination pour le jeune homme le mène à en faire un portrait, qui se révèle être la plus belle œuvre qu''il ait jamais créée et qu''il ne souhaite pas exposer "J''y ai mis trop de moi-même". Dorian va faire la connaissance de Lord Henry dit Harry, un ami de Basil. Conscient de la fascination et de la perversion que ce dernier pourrait avoir sur son idéal de beauté, "cette nature simple et belle" Basil demande à Lord Henry de ne pas tenter de le corrompre. Mais Dorian se laisse séduire par les théories sur la jeunesse et du plaisir de ce nouvel ami qui le révèle à lui-même " Un nouvel hédonisme <...> Vous pourriez en être le symbole visible. Avec votre personnalité, il n''y a rien que vous ne puissiez faire". Va naître dès lors en lui une profonde jalousie à l''égard de son propre portrait. Dorian souhaite que le tableau vieillisse à sa place pour qu''il garde toujours sa beauté d''adolescent. "Si le tableau pouvait changer tandis que je resterais ce que je suis !"
Le garçon tombe par la suite amoureux d''une comédienne, Sybil Vane, et lui promet le mariage. L''amour empêchant Sybil de bien jouer, Dorian la répudie, "Vous avez gâché le romanesque de ma vie ", et cause par là son suicide. Il remarque alors que le portrait s''est empreint à sa place d''une expression de cruauté et comprend que son vœu a été exaucé. Par peur que quelqu''un ne découvre son terrible secret, il enferme le tableau dans une ancienne salle d''étude et se plonge dans la lecture d''un mystérieux roman que lui offre Lord Henry. Bien des années passent durant lesquelles il accumule les péchés et devient de plus en plus mauvais sous l''influence de Lord Henry et de ce "livre empoisonné". Le tableau prend sur lui la laideur de l''âge et de la décadence de Gray. Gray finit par révéler son secret à Basil, puis, fou de haine, le tue......

Oscar Wilde à New York, 1882, par Napoleon Sarony

"Vivre est ce qu'il y a de plus beau au monde, la plupart de gens existent, c'est tout.» Oscar Wilde




« Je peux résister à tout, sauf à la tentation » Oscar Wilde

Lord Alfred Douglas, surnommé « Bosie », et Oscar Wilde.

" Il est des moments où il faut choisir entre vivre sa propre vie pleinement, entièrement, complètement, ou traîner l'existence dégradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose. » Oscar Wilde

La tombe d'Oscar Wilde au Père Lachaise est devenu un lieu de pélerinage, un sphinx sculpté par Jacob Epstein orne la tombe du célèbre Dandy.





vendredi 23 novembre 2012

Entre Contes de Fées et Fantasy avec Omar Rayyan



Omar Rayyan est né en Jordanie d'une mère américaine et d'un père jordanien.
Il a obtenu un diplôme d'illustration à la "Rhode Island School of Design".
L'artiste fonde principalement ses travaux sur le folklore, les contes de fées et la Fantasy.
Il créa de nombreuses illustrations pour la "Terre du Milieu".



 "La pieuvre"  (Les travailleurs de la mer) par Victor Hugo

La pieuvre n'a pas de masse musculaire, pas de cri menaçant, pas de
cuirasse, pas de corne, pas de dard, pas de pince, pas de queue prenante
ou contondante, pas d'ailerons tranchants, pas d'ailerons onglés, pas
d'épines, pas d'épée, pas de décharge électrique, pas de virus, pas de
venin, pas de griffes, pas de bec, pas de dents. La pieuvre est de toutes
les bêtes la plus formidablement armée.
Qu'est-ce donc que la pieuvre ? C'est la ventouse. (...)
Une forme grisâtre oscille dans l'eau ; c'est gros comme le bras et long
d'une demi-aune environ ; c'est un chiffon ; cette forme ressemble à
un parapluie fermé qui n'aurait pas de manche. Cette loque avance vers
vous peu à peu. Soudain, elle s'ouvre, huit rayons s'écartent brusquement
autour d'une face qui a deux yeux ; ces rayons vivent ; il y a du
flamboiement dans leur ondoiement ; c'est une sorte de roue ; déployée,
elle a quatre ou cinq pieds de diamètre. Épanouissement effroyable.
Cela se jette sur vous.
L'hydre harponne l'homme.
Cette bête s'applique sur sa proie, la recouvre, et la noue de ses longues
bandes. En dessous elle est jaunâtre, en dessus elle est terreuse ; rien ne
saurait rendre cette inexplicable nuance poussière ; on dirait une bête
faite de cendre qui habite l'eau. Elle est arachnéide par la forme  et
caméléon par la coloration. Irritée, elle devient violette. Chose
épouvantable, c'est mou.
Ses noeuds garrottent ; son contact paralyse.
Elle a un aspect de scorbut et de gangrène ; c'est de la maladie arrangée
en monstruosité.












lundi 19 novembre 2012

Metamorphosis par Julia Comita


"Metamorphosis" est une série de photos intenses réalisées par Julia Comita  représentant d'étranges créatures vivant dans un domaine industriel.
La métamorphose prend forme grâce à la juxtaposition surréaliste de costumes S & M et de contorsions de ballet sur ​​un fond rigide, lugubre et froid .

Stylistes: Mary Lee et Malakai Hom
Modèles: Seanna Sharpe , Megan Hornaday, Mariana J. Plick












vendredi 16 novembre 2012

Le Messie féminin par Inès de la Torre - Galerie Libre Cours à Revel du 23/11/2012 au 31/12/2012



Le Messie féminin
Lointaines… hors du temps et de l’espace… elles parlent de magie et mystère… disent les mots de l’âme, voient le futur de leur race… et le silence est dans l’espace. Dans le bleu noir du ciel passe le flamboiement d’un être immense emportant la moisson d’une race… elle passe dans le vent silencieux de l’aube qui purifie l’espace… elle passe, s’évanouit dans le lointain… « Place à un autre mystère… place à une autre humanité, telle est la clameur des voix de l’infini. »

Galerie Libre Cours, 50 rue de Dreuilhe, 31250
Revel. Tél. : 05 62 18 91 84      .
Exposition du 22 novembre au 31 décembre 2012.
Vernissage le vendredi 23 novembre 2012 à partir de 18H.

Le site de l'artiste : http://www.ines-de-la-torre.com/

lundi 12 novembre 2012

L'univers mystique et surréaliste de Remedios Varo



Remedios Varo Uranga est une peintre espagnole née le 16 décembre 1908 en Anglés, dans la province de Gerona, et morte en 1963 à Mexico). Son père est ingénieur hydraulicien, et elle-même montre un grand intérêt pour les constructions élaborées et les machineries imaginaires. Elle suit une formation de peintre à l'académie San Fernando de Madrid. A Barcelone, elle rencontre le poète surréaliste Benjamin Péret et l'épouse. Lorsque les Surréalistes fuient les nazis, Varo et Péret partent pour le Mexique en 1942. Elle y retrouve d'autres Surréalistes comme Leonora Carrington qui devient sa meilleure amie..

Remedios Varo se fait connaître pour ses toiles chargées d'une poésie irréelle, inspirées par l'alchimie ou par ses lectures de René Daumal, mais son oeuvre reste peu connue avant sa mort d'un arrêt cardiaque en 1963.

Ses personnages sont mystiques et solitaires; la plupart du temps impliqués dans des activités scientifiques. Ils ont souvent des yeux en amande et sont souvent androgynes.
Tous font partie d'un monde unique qui s'appuie sur des concepts développés de la magie et de l'imagination. On peut également souvent apercevoir des véhicules utopiques de propulsion cosmique qui voyagent à travers la terre, l'air et la mer, avec les engrenages, les voiles et les transmissions qui répondent aux sources d'énergie supérieures.





La peau du fantÔme par René Daumal ((1908 - 1944)

Je traîne mon espoir avec mon sac de clous, je traîne mon espoir étranglé à tes pieds, toi qui n'es pas encore, et moi qui ne suis plus.

Je traîne un sac de clous sur la grève de feu

en chantant tous les noms que je te donnerai

et ceux que je n'ai plus.

Dans la baraque, elle pourrit, la loque

où ma vie palpitait jadis ;

toutes les planches furent clouées,

il est pourri sur sa paillasse

avec ses yeux qui ne pouvaient te voir,

ses oreilles sourdes à ta voix,

sa peau trop lourde pour te sentir

quand tu le frôlais,

quand tu passais en vent de maladie.


Et maintenant j'ai dépouillé la pourriture, et tout blanc je viens en toi, ma peau nouvelle de fantôme frissonne déjà dans ton air.