jeudi 25 novembre 2010

Gustav-Adolf Mossa, de Salomé aux Femmes Fatales à Eros et Thanatos

Salomé, le goût du sang   

Harpie

"La critique s'accorde sur la forte teneur symboliste de son œuvre et considère ses toiles novatrices comme une annonciation du surréalisme. Elles sont également annonciatrices de certaines bandes-dessinées comme "l'héroïc-fantasy"."

Salomé les mains sales

Cléopatre

Gustav-Adolf Mossa, né à Nice en 1883 et mort en 1971, est le dernier peintre symboliste français, il vécut toute sa vie dans sa ville natale et se consacra essentiellement à sa fonction de conservateur du musée des Beaux-Arts de la ville, poste qu’il occupa dès 1926.

Son père, Alexis Mossa (1844-1926) était lui même peintre niçois qui fit de nombreuses affiches pour le Carnaval de Nice fin XIXe siècle.

C'est volontairement qu'il occulta son oeuvre symboliste qui fut redécouverte dans les réserves après sa mort en 1971.

Les Mortes

La Gorgone

                                                                               Elle


Le Vice

Gustav-Adolf Mossa laisse derrière lui, outre son oeuvre pictural, un grand nombre de textes parmi lesquels on trouve des livrets d'opéras ou autres pièces lyriques, à l'instar de Gustave Moreau, son travail symboliste est hanté de références à la littérature : il revisite les textes fondateurs de la culture occidentale et apprécie certaines figures évoquant la décadence telles que Judith, Dalila, Sapho et Salomé, muse de presque tous les symbolistes.

Mais à la différence de ses contemporains, Mossa innove en inscrivant ces figures dans son siècle, la Belle Epoque. Dans les détails minutieux de ses œuvres, il développe une riche iconographie de l'Art nouveau : mobilier, costumes, bijoux.

Il puise également son inspiration des écrivains de son temps : Baudelaire, Barbey d'Aurevilly, Gautier, et écrit lui-même des poèmes et pièces de théâtre.

Marie de Magdala

                                                                       Dalila s'amuse

                                                                       La Sirène Repue

En observant ses oeuvres, on ne peut s'empêcher de remarquer quelques similitudes avec le travail de Félicien Rops, la femme est omniprésente dans leurs œuvres, sous l’apparence de la femme fatale, cruelle , castatrice ou satanique ; elle est ange et démon à la fois. Par son travail, Mossa explore son propre inconscient et met en scène le conflit perpétuel des pulsions de vie et de mort : Eros et Thanatos.

                                                                           L’Éloge de la Folie

Le Baiser d'Hélène

Le peintre a fait un voyage particulièrement marquant en Belgique, en août 1911. D’ailleurs, à l’issue de celui-ci, il opère un véritable tournant dans son art. En s’intéressant au Moyen Âge des légendes et des enluminures, il clôture sa période symboliste et crée des œuvres essentiellement allégoriques. Lors de ce voyage, il visite Bruxelles, passe à Mons et à Waterloo, puis s’arrête à Anvers et à Gand. Enfin, il visite Bruges, la ville de sainte Ursule, qui a inspiré de nombreux artistes symbolistes, constituant ainsi pour Mossa un véritable pèlerinage.
Il ramène trente-neuf aquarelles de Bruges dont La Châsse de sainte Ursule.

 Pierrot s'en va

La Sphinge

Bruges-la-Morte

 Cette dernière est un hommage à Memling. En janvier 1912, une exposition sur le thème "Bruges et les Flandres" se tint à l’ "Artistique" de Nice, montrant les œuvres inspirées par le voyage récent de Mossa. Maurice Maeterlinck, qui résidait alors à Nice et a pu ainsi visiter cette exposition, a manifesté son vif intérêt pour le peintre : « Évidemment ce n’est pas Bruges la Morte (...) c’est une Bruges de soleil (...) celui qui a peint cette Bruges-là est un bel artiste. »

Mais le traumatisme de la première guerre mondiale, au cours de laquelle il sera blessé près d'Ypres, introduit une cassure dans son travail, qui sera ensuite plus sombre, plus désespéré. Après 1918, il y mettra lui-même un terme.

Valse Macabre

Eva Pandora
                                                                 

       Salomé

Oedipe Vainqueur

Hamlet

Autoportrait

2 commentaires:

Lombart Mossa a dit…

Juste une modification : le tableau après la sirène repue ne s’appelle pas stupidité mais l'éloge de la folie

Elisandre Crowley a dit…

Merci pour le renseignement.