vendredi 26 novembre 2010

Paul Eluard et Hans Bellmer dans le jeux de la poupée (Suite)


Une suite à l'article précédent....poupées, automates, masques, vous me fascinez......

" Le corps,  dans L’Anatomie de l’image, est comparable à une phrase qui vous inciterait à la désarticuler pour que se recomposent, à travers une série d’anagrammes sans fin, ses contenus véritables." (Hans Bellmer)

Voici quelques photos recoloriée par Hans Bellmer sur le conseil de Paul Éluard.
Hans Bellmer colorie ces photographies à la main, avec une peinture à l’aniline. 
Ce procédé utilisé pour les photographies anciennes, notamment érotiques, accentue la sensation d’artifice.


Les Jeux de la Poupée par Paul Eluard.

Dans l’armoire aux enfants,
il y a des lumières enchantées,
un pistolet chargé qui inspire la terreur,
une fontaine transparente,
un bassin de pierre dont le trop-plein s’épand sur un lit d’opales,
un chasseur sans souliers,
une fille sans cheveux,
un bateau sur la mer et le marinier chante,
un cheval damassé,
un théâtre ambulant,
un grillon,
des plumes blanches tombées du nid des tourterelles,
de petits paniers creusés en cœur et pleins de crème rose,
une guitare qui fait des étincelles
et une robe qui restera toujours neuve.
»

"« On ne l’entend jamais parler de son pays, de ses parents. Elle craint une réponse du néant, le baiser d’une bouche muette. Agile et délivrée, légère mère enfant, elle jette à bas le manteau des murs et peint le jour à ses couleurs. Elle effraye les bêtes et les enfants. Elle rend les joues plus pâles et l’herbe plus cruellement verte. » (Éluard, Jeux vagues de la poupée, in Jeux de la poupée, 1949.)"


« Elle s’éveille. Elle est seule dans son lit. Que n’a-t-elle une horloge pour l’arrêter ? Appliquée penche la tête, écoute. Le silence la fait rire. Longue chute de ses cheveux noirs sur son corps minable. Appliquée passe une robe transparente. Dessous, elle a noué tant de rubans qu’une grande tiédeur l’habille de mousse et d’animaux tranquilles. Elle lèche ses doigts. Le tour de sa bouche a des saveurs d’étincelles. » (Éluard, Appliquée, in Le Minotaure, 1935")

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