dimanche 8 décembre 2013

Monstres et bizarreries japonaises : le Rouleau Kaikidan Ekotoba


La "femme sauvage"semble être un humanoïde aquatique à la peau écailleuse. Elle possède des mains et des pieds palmés (chacun avec trois doigts et orteils), de longs cheveux noirs et une grande bouche rouge. Des gens auraient rencontré cette créature vers 1750 près des ruisseaux de montagne dans la région de Asakura (préfecture de Fukuoka).

Le "Kaikidan Ekotoba" est un mystérieux rouleau horizontal manuscrit présentant 33 monstres légendaires et bizarreries humaines qui proviennent presque tous de la région de Kyushu au Japon.
D'auteur et illustrateur inconnus, il aurait été rédigé vers la moitié du 19ème siècle. 
Il appartient maintenant au Musée de Fukuoka.

L'hybride oiseau-chien

Cette créature noire est née en 1740 d'un accouplement entre un chien et un oiseau, toujours dans la ville de Fukuoka. A côté de l'hybride on peut apercevoir un monstre blanc amorphe - également rencontré à Fukuoka - il mesurait environ 180 cm (6 pi) de diamètre. A  l'époque, on croyait que cette créature était un hybride chien et raton-laveur de forme décalée.

La vieille femme au Temple

Cette illustration dépeint une femme fantomatique connue pour apparaître tard dans la nuit dans une certaine chambre d'un temple de la région de Kaho (préfecture de Fukuoka). À plusieurs reprises, des pensionnaires terrifiés ont fini par se blesser mortellement, après avoir essayé de la frapper avec une épée.

Boule de feu russe

Pendant des vents violents, cette apparition de feu composée de spiritueux parlait, on pouvait entendre, " Oroshiya, oroshiya " ("Laisse-moi tomber"). 
Ceci est basé sur un jeu de mots car "oroshiya" résonne comme l'ancienne prononciation japonaise de "la Russie".

Tigre miaou miaou

Cette illustration représente un prêtre Zenshu punit de sa cupidité et transformé en une créature féline étrange aux pattes à trois doigts et à la queue fourchue d'un nekomata.

Chats miaou miaou

Tout comme le prêtre avide d'argent décrit ci-dessus, les personnes cupides présentées ici ont été transformées en chats bizarres.

Crapaud de Mer

L'illustration montre un crapaud à cornes redoutables qui dit habiter à la mer près de Pusan, en Corée.

Éternuement chinois

Cette créature est un Chinois frileux et enrhumé à moitié nu. Il s'agit d'une caricature de la Chine, qui avait été la proie de puissances coloniales occidentales.

L'homme aux testicules surdimensionnées

Il y a bien longtemps, un homme affublé de testicules massives aurait gagné sa vie comme attraction de foire au Mont Satta sur l'ancienne route de Tokaido près de la ville de Shizuoka. Son scrotum aurait mesuré un mètre de large.

La femme boeuf

La "femme boeuf" était une attraction visible à Dazaifu Tenmangu (préfecture de Fukuoka) au milieu du 18ème siècle. La dame sans bras divertissait le public à l'aide de ses pieds. Elle  passait une ficelle à travers les trous situés au centre des pièces de monnaies.

Moine avec des serpents dans les jambes

L'illustration montre un moine d'âge moyen de la préfecture de Nagano qui se baigne dans les sources chaudes sans enlever ses jambières. Si quelqu'un lui demandait pourquoi il ne se déshabillait pas entièrement avant d'entrer dans l'eau, il montrait les trous dans ses tibias, qui abritaient des serpents. 
L'homme est né avec des serpents dans les jambes comme punition de mauvaises actions dans une vie antérieure.

Ezo Loup

Cette illustration montre un Ezo loup (aka Hokkaido Loup), dont la race s'est éteinte à la fin du 19ème siècle (après cette dernière illustration). L'animal est représenté ici avec sa patte sur un crâne humain.


Moine coréen

Le "moine coréen" de cette illustration chante et joue du gekkin (guitare), il présente les caractéristiques physiques d'un kappa (diablotin de l'eau).

L'homme lanterne

Dans les premières décennies du 18ème siècle, un homme avec une tête malléable gagnait sa vie comme  attraction de foire en affirmant qu'il pouvait faire effondrer sa tête comme une lanterne de papier traditionnel.

Esprit de le femme et de l'enfant

Cette illustration montre le fantôme d'une femme de la région d'Asakura (préfecture de Fukuoka), qui est décédée lors d'un accouchement difficile.

Le nekomata 

Le nekomata est un monstre chat avec une queue fourchue et un goût affirmé pour la chair humaine. 
Cette créature a plusieurs pouvoirs ;  elle a la capacité de parler, de marcher sur ses pattes arrières, de changer de forme, de voler et même de ressusciter les morts. Le nekomata représenté ici a été rencontré dans le domaine Nasuno sur la préfecture de Tochig.

Le Kawataro

Le Kawataro est une variété de kappa (lutin ou diablotin de l'eau) qui, selon le texte d'accompagnement, aime manger les gens et la pratique du sumo. Une échancrure au sommet de la tête de la créature est remplie d'eau. Le Kawataro devient faible quand l'eau se déverse.

La grotte au monstre

Cette illustration montre une grotte, résidence d'un monstre censé exister dans les montagnes de la préfecture de Kumamoto. À première vue, elle ressemble à une grotte ordinaire, mais quand on s'approche de l'entrée, les yeux et les dents du monstre deviennent visibles.

La femme serpent

Cette femme serpent aurait été rencontrée par six personnes sur le mont Mikasa dans la préfecture de Nara. Cinq des témoins sont morts instantanément, la sixième personne a survécu assez longtemps pour raconter l'histoire, mais il tomba malade et mourut trois jours plus tard.

 Rokurokubi 

Cette rokurokubi - une femme avec la capacité de s'étirer le cou sur des longueurs extraordinaires - aurait été rencontrée par un messager une nuit près du temple Ninna-ji à Kyoto.

Le mikoshi-nyudo

Le mikoshi-nyudo que voici a été rencontré tard dans la nuit par un paysan. Il se baladait sur une route dans la région de Naka de la préfecture de Fukuoka.

La Gagoze ?

Bien qu'aucune explication n'a été donnée pour cette créature, elle semble ressembler à la fameuse Gagoze , un démon qui a attaqué les jeunes prêtres au temple Gango-ji.

1 commentaire:

jurisgeek a dit…

Le moine avec ses serpents dans les jambes est très certainement la représentation apeurée d'une maladie tropicale parasitaire appelée dragonculose.

Il s'agit d'une infestation par un parasite que l'on trouve dans les mares en zone tropicale, comme les rizières. Le parasite pénètre le derme alors qu'il est microscopique et puis se déplace dans la jambe se nourrissant et creusant des tunnels sous la peau. Jusqu'au jour où l'hôte se déplace jusqu'à un point d'eau où le parasite désirera sortir, percera la peau et pointera le bout de son nez... Une sorte de très long vers.
Je n'ose même pas imaginer la peur que cela devait inspirer à une époque où la superstition était reine.