samedi 10 décembre 2011

James Ensor, ses masques et ses démons

                                                           

"Je suis né à Ostende, le 13 avril 1860, un vendredi, jour de Vénus. Eh bien ! chers amis, Vénus, dès l'aube de ma naissance, vint à moi souriante et nous nous regardâmes longuement dans les yeux. Ah! les beaux yeux pers et verts, les longs cheveux couleur de sable. Vénus était blonde et belle, toute barbouillée d'écume, elle fleurait bon la mer salée. Bien vite je la peignis, car elle mordait mes pinceaux, bouffait mes couleurs, convoitait mes coquilles peintes, elle courait sur mes nacres, s'oubliait dans mes conques, salivait sur mes brosses." (James Ensor)




Né d'un père anglais anticonformiste, ingénieur raté, et d'une mère ostendaise qui n'encourage guère sa vocation artistique, le jeune Ensor (1890-1949) vit à Ostende au milieu des coquillages, des chinoiseries, des verroteries, des masques et des animaux empaillés qui peuplent la boutique familiale. Toute sa vie d'adulte, Ensor est demeuré très attaché à ce monde étrange avec lequel l'enfant, malgré ses peurs, peut vivre en sécurité. Mais Ensor semble avoir gardé de ces souvenirs une terreur jamais résolue.




"Le jeu de rupture et de continuité perpétuellement pratiqué par Ensor.

La continuité, ce sont les héritages naturaliste et symboliste qui marquent ses débuts ainsi que la tradition des masques, du travestissement, du grotesque et de la satire, du carnaval, héritée de son enfance à Ostende, ville à laquelle il est viscéralement attaché. La rupture, c'est la dramatisation de l'usage de la couleur et de la lumière. C'est également l'invention d'un nouveau langage où les mots s'imposent, à côté des images, pour signifier crûment des idées et celle d'un nouveau système narratif où pullulent les personnages et les actions. Par sa cinglante ironie, son sens de la dérision et de l'auto-dérision, sa couleur intense, son expressivité, Ensor, peintre étrange et inclassable, trouve sa place parmi les précurseurs de l'expressionnisme."


"Faut-il Crever pour être aimé dans le monde des étriqués ou chez les pâles sirs de Beaudrucherie" (James Ensor)





                                                   Les mauvais médecins

                                                      James Ensor et le général Leman

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