dimanche 26 février 2012

Entre femmes, philosophes et allégories - la Vérité est au fond du Puits....

La Vérité est au fond du puits, par Gérôme

Cette fois, je partage un peu de ma passion pour les allégories...Devant l'étendue de ce sujet, mon choix s'est porté sur des peintures qui ne présentent qu'un ou deux personnages.

« Nous ne connaissons en réalité rien de certain, mais seulement ce qui change selon la disposition de notre corps, et selon ce qui pénètre en lui ou ce qui lui résiste.
Il a été démontré qu’en réalité nous ne savons pas ce que chaque chose est ou n’est pas. […] Il est impossible de connaître la nature réelle de chaque chose. » (Cité par Sextus Empiricus, Contre les professeurs, VII, 135))
"En réalité, nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits.", nous dit Démocrite dans sa phrase célèbre.
Un discours proche de la démarche du chercheur, toujours critique, se tenant prudemment à l'écart des Certitudes et des Vérités révélées.


La Vérité par Gérôme

"La Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l'humanité", par Gérôme, 1896 

La Vérité sortant du puits, par Edouard Debat-Ponsan

La Vérité, par Jules-Joseph Lefebvre

Gravure du XVIIIème (Anonyme)

Allégorie de la Tentation

Madame Satan n'est pas vraiment considérée en art comme une allégorie, c'est une fantaisie de ma part que de vous la présenter comme telle !
Madame Satan : séduction par George Achille-Fould. Le sourire tentateur de cette femme fatale, version 1900, incarne rien moins que le mal absolu. Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences…

"Allégorie de la Fortune", par Andrea Previtali, vers 1490.

Dans ce tableau, la Harpie a les yeux couverts d'un bandeau et tient un pichet dans chacune de ses mains, allégorie de la fortune changeante.

Allégorie de la Victoire, par Mathieu-Le-Nain, 1635

Ailes déployées, casque emplumé, palme, draperie volante, la Victoire foule au pied un personnage féminin dont les jambes se terminent en queue de serpent qui pourraît être la Tromperie, l'Intrigue ou la Rébellion.

Allégorie de la Nuit, par William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) 

Allégorie de l'Histoire, "Historia", par  Nikolaos Gysis (1892).

Ci-dessous une composition nettement marquée par l’allégorie de la caverne de Platon. A droite, en contrebas, un homme s’affaire autour d’un feu qui éclaire faiblement la pièce. L’escalier central, en spirale, reprend la "montée rude et escarpée" du texte de Platon, qui permet de sortir de la caverne ; on y devine une femme dans la pénombre. A gauche et un peu plus en hauteur, le philosophe, bien éclairé par la lumière du soleil, symbolise celui qui a vu la vérité et qui regarde, blasé, le sol.

"Dans une demeure souterraine, en forme de caverne, des hommes sont enchaînés. Ils n'ont jamais vu directement la lumière du jour, dont ils ne connaissent que le faible rayonnement qui parvient à pénétrer jusqu'à eux. Des choses et d'eux-mêmes, ils ne connaissent que les ombres projetées sur les murs de leur caverne par un feu allumé derrière eux. Des sons, ils ne connaissent que les échos. « C'est à nous qu'ils sont pareils ! 
Que l'un d'entre eux soit libéré de ses chaînes et accompagné de force vers la sortie, il sera d'abord cruellement ébloui par une lumière qu'il n'a pas l'habitude de supporter. Il souffrira de tous les changements. Il résistera et ne parviendra pas à percevoir ce que l'on veut lui montrer. Alors, Ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S'il persiste, il s'accoutumera. Il pourra voir le monde dans sa réalité. Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses semblables. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire : ne le tueront-ils pas ?"


Rembrandt, Philosophe en méditation (1632), Musée du Louvre

1 commentaire:

re chab a dit…



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J'ai entendu la voix du puits,
Je me suis approché de la margelle,
Il y faisait un noir de suie,
C'était sans doute ton appel.

Comme un faible message,
Venant des profondeurs,
Le cercle étroit du naufrage,
De ton ancienne splendeur...

Je me suis penché, mais pas pour boire,
Il y avait au fond, un rond clair,
Perdu dans tout ce noir,
C'est peut-être que tu espères

Que je vienne à toi ,
Que je perde l'équilibre,
Et que je me noie,
Afin te rende libre,

Ainsi je prendrai ta place,
Pour de bon,
Je regarderai les nuages qui passent,
Par le petit trou rond.

De temps en temps, ton image,
Se penchera sans regret,
Pour évoquer mon visage,
Caché sous les reflets.

Tu descendras le seau,
Qui plongera sous la surface,
Je donnerai ce goût à l'eau ,
Comme si elle venait de la glace.

Tu boiras à ma santé,
En faisant réchauffer mon âme,
Avec un peu de thé ;
Attendre n'est pas un drame .

Tu as patienté des années,
Que revienne le jour,
Personne n'est damné...
A chacun son tour …

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RC- mai 2015