mardi 21 février 2012

L'Eternel Féminin avec Michael Parkes



Michael Parkes est né en 1944 à Sikeston dans le Missouri aux Etats-Unis.

En tant qu'étudiant, Parkes a été fasciné par différents procédés graphiques, et plus tard il deviendra spécialiste dans la lithographie en couleurs.

Son style unique a évolué dans l'isolement, il renonça à l'art pendant une longue période  pour se rendre en Inde à la recherche de l'illumination philosophique.

On sent chez l'artiste une forte influence des expériences qu'il a vécu dans ce pays où il a étudié la philosophie et les doctrines ésotériques de l'Est et l'Ouest.
Il tire son langage figuré d'une gamme de sagesses, de la cabale et du tantrisme, qu'il incorpore sous des formes issues de sa propre imagination, permettant une accessibilité immédiate.

Le site  de l'artiste : http://www.theworldofmichaelparkes.com/cm/Home.html



Extrait de "L'Ange Liberté" (La Fin de Satan), par Victor Hugo

De la lumière. Et puis de la lumière encore.
Chaos de firmaments dans des gouffres d'aurore.

L'ange Liberté plane en l'azur spacieux.
On dirait que son oeil cherche une issue aux cieux.
Elle voit une étoile. Elle s'approche : - Ecoute,
Etoile; conduis-moi sous la fatale voûte;
Dieu permet que je parle à celui qui fut grand.
- Je ne puis, répond l'astre. Et Liberté reprend :
- Du moins, dis-moi la route et comment y descendre.
- Parle à l'Eclair, dit l'astre. Il peut seul te l'apprendre.
Cet ange est dans le ciel le seul qui sait tomber.

D'une aile que le vent même ne peut courber,
L'Ange Liberté part et franchit l'éther sombre.

Elle vola longtemps; - l'homme n'a pas de nombre
Pour compter ce temps-là; - son vol fier était sûr.

Tout à coup, dans un angle informe de l'azur,
Elle vit l'écurie énorme des nuées.
On entendait sonner des chaînes dénouées,
Et rouler on ne sait quels effrayants essieux;
L'ange Eclair travaillait dans cet antre des cieux;
Il en faisait sortir tous les chars du tonnerre;
Quelques-uns n'étaient faits que de flamme ordinaire;
D'autres semblaient forgés dans l'enfer par les nuits;
Et des ruissellements de foudres inouïs
Ebauchaient vaguement leur forme épouvantable;
Les écueils dans la mer, les taureaux dans l'étable,
Sont des roucoulements près des monstrueux bruits
De tous ces chars avec de l'abîme construits.

Liberté s'avança vers l'Eclair. L'immortelle
Sourit : - Ange, tu dois connaître, lui dit-elle,
L'éclatant Lucifer tombé dans le trépas.
- C'est moi qui l'ai frappé, je ne le connais pas, 
Dit l'Eclair. - Mais le gouffre où tu jetas cette âme,
Tu peux me le montrer; - Non, dit l'esprit de flamme.
Va trouver le vieil ange Hiver. Il est le seul
Qui connaisse les plis ténébreux du linceul.
Moi, je ne me souviens de rien. Je brise, et passe.








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